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Un blog pierre sèche
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Ce blogue est un carnet de maçon pierre sèche (dit murailleur). Vous pouvez visualiser quelques-unes de mes réalisations, et obtenir de nombreuses informations sur la technique de la pierre sèche. C'est également un outil pour tous les auto-constructeurs.

This blog allows one to obtain and share information about dry stone. It is written in the form of a notebook of a landscape gardener and shows my projects (walls, retaining walls, calades, stairs) as well as my landscaping work.


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28 avril 2011

La pierre sèche à Taulignan

La technique de la pierre sèche se retrouve sur tous les continents. Elle est principalement utilisée pour la gestion des sols et elle structure les zones d’activités pastorales et agricoles. Sont construits en pierre sèche des soutènements de terrains pentus (toujours accompagnés d’escaliers et de rampes d’accès entre les différents  niveaux), tous les ouvrages de drainage des sols (drains, touvières…) et de stockage de l’eau (aiguiers, puits…), des murs de clôture (en zone pastorale ou pour protéger les zones de culture), des chaussées et des chemins (calade).

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Mur en pierre sèche au premier plan et rempart de Taulignan en fond

La pierre sèche a aussi été utilisée pour d’autres ouvrages adaptés aux activités humaines tels des apiers*, des aires de battage, des zones de sèchage des fruits, et du petit bâti pour abriter les bêtes (poulaillers, bergeries, enclos…) ou servir de remise ou de cabane (par exemple les bories).

L’utilisation de cette technique débute au néolithique avec l’invention de l’agriculture. Le travail de la terre exhume alors les pierres du sol. Cette nouvelle ressource encombrante trouve son utilité dans l’aménagement des sols pour optimiser la production agricole et pour construire l’habitat. Avec la nécessité de l’épierrement des cultures commence donc le travail de fourmi des générations successives et qui débouche aujourd’hui sur l’aménagement des terroirs actuels. La maçonnerie à pierre sèche a alors la particularité d’être mise en œuvre par tout le monde et, même si certains en font une spécialité professionnelle**, tout un chacun en connaît les principes et les applique pour son propre lopin de terre.

 

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Dalles dressées de clôture

Le terroir de Taulignan en plus de tous ces ouvrages possède la particularité d’avoir été la zone d’extraction d’une pierre calcaire de grande qualité. Ont alors été extraites des dalles de pierre qui bordent encore aujourd’hui les chemins, séparent les parcelles, traversent les ruisseaux ou les canaux, dirigent les eaux dans les touvières.

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Mur en pierre sèche avec couronnement en pierre clavées

Construire à pierre sèche consiste à maçonner en utilisant seulement de la pierre sans aucun apport de liant quel qu’il soit. Pour que l’ouvrage tienne, tout le travail consiste à jouer sur l’équilibre des pierres. Le poids des pierres est au final l’unique liant qui permet à l’ouvrage de tenir. On dit que l’on à faire à des murs poids et le principe de base est de créer un ouvrage se comportant comme un monolithe.

Si le principe en est très simple, la mise en œuvre n’est pas toujours aisée à réaliser.

Pour résumer on peut dire que pour réussir une bonne maçonnerie en pierre sèche il faut respecter méticuleusement 5 règles lors de la pose de chaque pierre :

L’assise qui permet à chaque pierre d’appuyer de façon stable sur les pierres du rang inférieur.

Le croisement qui assure la répartition du poids et des forces qui lient les pierres les unes autres.

Le blocage qui cale les pierres entres elles sur leurs faces de joint et d’assise pour éviter qu’elles puissent glisser ou bouger dans la maçonnerie.

Le fruit qui donne à l’assise de chaque pierre une inclinaison par rapport à l’horizontale. Cette inclinaison a pour but de diriger la force exercée par le poids du mur vers l’intérieur, augmentant ainsi sa stabilité.

Le parement. Si cette cinquième règle ne participe pas de la solidité du mur elle reste néanmoins primordiale car elle donne l’aspect final soigné et esthétique du mur.

Chaque ouvrage a également des particularités techniques induite par son utilité finale, ainsi les murs de soutènement sont toujours doublés côtés talus d’un drain composé de cailloutis qui réduit la poussée des sols, retarde l’infiltration des particules de terre et permet un drainage optimum, Les murs de clôture ont la particularité d’avoir deux faces de parement, les bories développent  la technique dite de l’encorbellement pour créer une toiture ...

Tout en respectant ces cinq règles il est possible de construire en pierre sèche de manières très différentes. Le terroir de Taulignan permet d’en voir quelques exemples très emblématiques :

Les murs d’épierrement et les clapiers. Les pierres brutes sont empilées en murs et en pierriers au fur et à mesure de leur extraction de terre lors des labours. Le but de ces constructions est uniquement de libérer de l’espace de culture au moindre effort et le plus rapidement possible. La maçonnerie qui naît de ces empilements est brute et permet de stocker la pierre sur la plus petite surface possible dans l’attente d’un usage ultérieur.

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Pierrier

La maçonnerie croisée. Il s’agit de maçonner les pierres brutes dans leur lit, à plat afin que le poids s’exerce verticalement et se répartisse de haut en bas de la structure du mur créant ainsi une structure monolithe comme tissée pierre par pierre.

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Croquis d'un mur en maçonnerie croisée

 

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Photo d'un mur en maçonnerie croisée

La maçonnerie clavée. Les pierres brutes sont alors posées en délit, la force verticale du poids est alors dirigée latéralement sur les pierres voisines. La structure ainsi maçonnée est beaucoup plus solide et résiste mieux aux poussées latérales qui s’exercent sur le mur. Cette technique est assez courante à Taulignan, souvent associée à la plantation d’arbres qui en grandissant accentuent la poussée latérale des pierres les unes sur les autres, ce qui a pour effet de renforcer la solidité du mur.

C’est également une technique utilisée pour le couronnement des murs lorsque l’on ne dispose pas de pierres suffisamment lourdes pour le lester.

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Croquis de mur en maçonnerie clavée

 

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Photo de mur en maçonnerie clavée

La maçonnerie à joints vifs. Toutes les pierres sont taillées et reprises pour être ajustées de façon idéale. Il s’agit d’une maçonnerie savante que certains spécialistes ne considèrent pas comme de la pierre sèche tellement sa mise en œuvre demande du temps et du savoir faire. Il s’agit souvent d’une maçonnerie mise en œuvre par les ponts et chaussées au XIXè et début XXè pour soutenir les talus de bords de route.

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Mur en maçonnerie clavée

*Un apier est un rucher

**ils sont appelés murailleurs en Provence depuis le XVIIè

Article publié dans le journal de l'Association des 11 tours, Taulignan (Drôme).

 

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11 avril 2011

Mur-murs de préhistoire. Se loger en Pic Saint-Loup à l'âge du cuivre

 Exposition du 19 mars au 26 juin 2011 au musée du Pic Saint-Loup les Matelles (Hérault) - 04 99 63 25 46

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Cette exposition est le resultat du travail archéologique de Jacques Couralou et Jean Gascò qui a abouti à la parution d'un livre "Autour du Pic Saint-Loup à l'Age du Cuivre" aux éditions des Archives d'écologie préhistorique, Toulouse 2011 (178 pages).

Je vous invite vivement à aller découvrir cette excellente exposition dédiée à l'habitat à l'âge du cuivre et donc ... à la pierre sèche.

Dans le musée lui-même, référence est faite à une calade vieille de 300 000 ans retrouvée dans la grotte d'Aldène (Hérault).

L'exposition est très didactique, complète, elle aborde les aspects de la vie humaine à l'âge de cuivre à partir de l'analyse de l'espace habitat. Soutenue par de très belles maquettes et par des panneaux très bien structurés, un voyage dans le temps réussi.

 

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Maquette d'habitat, réalisation de Jacques Coularou d'après les fouilles d'Henri Canet. Hameau du village chalcholithique de Cambous

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Reconstitution d'intérieur (dessin de L. Jallot)

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Analyse de l'utilisation de l'espace (dessin J. Gascò)

La pierre sèche y est très présente, y sont analysées les techniques de construction et leur adaptation aux besoins des utilisateurs de l'époque. Un régal pour le murailleur.

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Détail du panneau dédié aux remises (Copyright Luc Jallot)

Contrairement à ce que j'ai appris, les "bories" et la technique de l'encorbellement pour en réaliser la toiture auraient déjà été maitrisées à l'époque, comme en atteste les recherches de ces archéologues. Ces ouvrages auraient surtout été des remises et des lieux de stockage.

Cf: - "Boussargues. Une enceinte Chalcolithique des garrigues du sud de la France", par Jacques Coularou, Frédéric Jallet, Albert Colomer, Jean Balbure, édition Archives d'écologie préhistorique, 2008.

- Boussargues, un habitat ceinturé chalcolithique, par Albert Colomer, Jacques Coularou et Xavier Gutherz, Collection documents d'archéologie française, édition Maison des Sciences de l'Homme de Paris, sans date

 


 


 


 Pour information à partir du 8 juillet 2011, nouvelle exposition au musée des Matelles

"Futur Antérieur"

 

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Au début du 5ème millénaire, grâce à d’émouvants témoignages matériels savamment interprétés par les archéologues, resurgit un monde fascinant, mystérieux et depuis longtemps oublié : le nôtre…
Que restera-t-il de nous dans 2000 ans ? Que comprendraient de notre mode de vie d’éventuels archéologues futurs ? Tel est le sujet de l’exposition d’anticipation Futur antérieur, qui présente pour la première fois de précieux futurs anciens vestiges de notre époque, éclairés sous un jour nouveau. Une plongée drolatique et tendre dans l’univers de l’archéologie fiction.

Vernissage public de l’exposition : le vendredi 8 juillet 2011 à 18h


S'y rendre:
MUSÉE DU PIC SAINT-LOUP
Rue des Consuls (dans le centre médiéval, derrière le clocher de l'église)
34270 LES MATELLES

Renseignements :

04 99 63 25 46 / 04 67 55 17 00
museedupicsaintloup@ccgpsl.fr
musee-picsaintloup@orange.fr

Horaires d’ouverture
De juillet au 15 septembre : tous les jours, de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 19h00
Du 16 septembre au 30 octobre: mercredi, samedi et dimanche de 14h00 à 18h00

Tarif: 3 euros/adulte
Gratuit pour les moins de 12 ans et étudiants
Pass musée / Halle du Verre: 5 €

mis à jour le 6 juillet 2011
 

10 avril 2011

Utiliser les affleurements rocheux

Lors de la construction de murs en pierre sèche il est idéal de les fonder sur les affleurements rocheux. Quitte à changer vos plans d’aménagement, les roches dégagées lors du terrassement préparatif vous permettront de construire des murs solides s’inscrivant dans le paysage et optimisant l’utilisation de l’espace.

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Etat initial du talus avant intervention

Ce fut le cas lors de ce chantier de restauration d’un mur de soutènement en pierre sèche. Le mur initial s’appuyait sur la roche et était souligné par un talus envahit par les chênes kermès.

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Le décaissement du talus découvre un banc rocheux

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Le démontage du mur découvre le banc rocheux superieur sur lequel il était fondé

Lors du décaissement et du nettoyage du talus la structure rocheuse du talus a été mise à jour. Plusieurs couches de roches se superposent, celle sur laquelle s’appuyait le mur initial surplombe une couche inférieure qui empiète sur la plate bande inférieure.

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L'escalier s'inscrit dans la roche

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Le mur et l'escalier sont construits simultanément

Plutôt que de faire disparaître cet affleurement pour égaliser le terrain, il va être utilisé pour implanter un escalier. L’escalier s’inscrit dans la roche tout en y trouvant appui.

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Au bout du mur, à l'ombre du figuier, un banc en pierre sèche est insallé. Le chantier est terminé.