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Un blog pierre sèche
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Ce blogue est un carnet de maçon pierre sèche (dit murailleur). Vous pouvez visualiser quelques-unes de mes réalisations, et obtenir de nombreuses informations sur la technique de la pierre sèche. C'est également un outil pour tous les auto-constructeurs.

This blog allows one to obtain and share information about dry stone. It is written in the form of a notebook of a landscape gardener and shows my projects (walls, retaining walls, calades, stairs) as well as my landscaping work.


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23 août 2011

Restauration d'un pierrier à Taulignan

Un pierrier, aussi appelé clapas ou clapier, est un tas de pierre.

 

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Lors des travaux de la terre, les pierres sont extraites du sol au fur et à mesure de leur apparition à l'air libre. Ce sont des pierres dites de croute qui se détachent de la roche mère et que les travaux agricoles exhument.

 

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Dans la vigne voisine, les pierres abondent

Le pierrier a pour principale fonction de stocker ces pierres hors de la zone de culture. Pour des raisons pratiques le but de ce stockage est d'utiliser le moins de superficie possible au moindre effort et sans demander trop de temps. Les endroits choisis sont les parties les plus incultes ou les moins gênantes pour les travaux agricoles de la propriété, affleurement rocheux, bords de chemin, limites de propriété.

 

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Le pierrier en cours de refection

De nos jours il est coutume d'apporter tout ce que l'on considère comme un déchet à la déchetterie, les pierres et les gravats y sont apportés à grand renfort de gaz-oil et de cout de travail pour ceux qui vont devoir les trier puis les stocker… ailleurs. Jusqu'à peu il ne serait venu à l'idée de personne de transporter des pierres pour les mettre en décharge, elles étaient stockées en pierrier, en fait en attente d'un probable travail de maçonnerie ultérieur, de réfection d'un chemin ou d'entretien d'un drain.

 

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Ornière comblée à l'aide des cailloutis stockés

Lors de la réalisation d'un de ces projets il suffisait alors de venir se servir dans le tas où les pierres étaient déjà triées. On y jetait également tous les déchets inertes, principalement les vaisselles cassées, bétons et terres cuites (en fait tous ce qui se retrouve également dans les drains de l'arrière des murs de soutènement en pierre sèche).

 

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On trouve souvent des os, ils rencontrent dans les pierriers et les drains les conditions parfaites pour fossiliser

Les techniques mises en œuvre pour la construction varient du simple stockage en tas au pierrier parementé. C'est le cas du pierrier restauré ici, il s'agit d'une construction de maçonnerie à pierres sèches car les pierres sont bâties et organisées lors de la réalisation du parement et lors du remplissage de l'intérieur du pierrier. Cela reste néanmoins une technique très sommaire et à la portée de tous.

 

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De mémoire du propriétaire, le pierrier est le résultat d'un stockage commencé dans les années 50, il stocke les pierres récoltées dans le jardin potager en bord de chemin. Il poursuit et s'adosse à un mur de clôture construit bien avant (l'aménagement en pierre sèche du lieu semble daté du milieu XVIIIè siècle, comme en témoigne un enclos avec bassin et source où apparait un millésime.

 

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Millésime du bassin (copyright Isabelle Biolley)


Le pierrier s'est éboulé en deux points

 

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Point 1 : le parement s'est éventré, une pierre de fondation a basculé, les cailloutis ont coulé hors du pierrier. On le remonte en donnant du fruit aux pierres et en les croisant bien. Le fruit suffit à contenir la poussée des plus petites pierres stockées à l'arrière. On procède en montant le parement avec les plus grosses pierres aussi appelées pierres à bâtir, et en remplissant ensuite l'intérieur avec les pierres plus petites impropres à la construction.

 

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Point 2 : attention un parement peut en cacher un autre. Ici le parement est tombé et révèle un autre parement juste derrière, ceci nous indique que le pierrier a été agrandi pour contenir de nouvelles pierres exhumées lors des labours.

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La restauration terminée

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9 août 2011

Retirer le lierre d'un mur en pierre sèche

Lorsqu'un mur en pierre sèche est envahi par le lierre il menace à plus ou moins longue échéance ruine. En effet les tiges de lierre en grossissant disjointent les pierres qui perdent ainsi leur équilibre. Cependant la présence du lierre sur un mur en pierre sèche est à double effet, dans un premier temps le lierre s'accroche aux pierres et les maintient liées entre elles en renforçant leur cohésion.

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Il se crée ainsi un équilibre lierre/maçonnerie pierre sèche que l'on ne dérange pas sans risquer de fragiliser le mur. Ce n'est que lorsque le lierre a pris beaucoup de vigueur que l'équilibre du mur est menacé, ses tiges font alors tomber les pierres.

 

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Enlever le lierre déjà implanté sur un mur n'est pas une affaire si simple qu'il y parait. Il faut réussir à réduire le lierre sans déséquilibrer les pierres du mur.

Pour cela un seul outil le sécateur, et de la patience car il s'agit de couper tout ce qui entoure le mur sans faire bouger une seule pierre !

Pour cela les tiges de lierre seront tronçonnées autant de fois qu'il le faudra pour ne pas forcer sur les parties inclues dans la maçonnerie. Commencez chaque action doucement et domptez votre force, dès qu'une pierre bouge arrêtez tout et jouez du sécateur pour enlever la portion de tige sans ébranler les pierres.

 

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Tige de lierre dans la maçonnerie

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On ne peut pas tirer sur la tige sans que les pierres bougent. Une partie de la tige s'enfonce dans le mur

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Section des parties hors mur de la tige

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Enlever les parties sectionnées

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Recommencer l'opération sur toutes les parties

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La partie insérée dans le mur est laissée, on n'y touche pas

Il arrive que des cales tombent lorsque l'on tire sur le lierre, repérez bien où elles étaient et surtout remettez les exactement là et comme elles étaient placées.

 

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Une cale est tombée lors du nettoyage

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Elle est remise immédiatement à sa place avant d'en avoir perdu l'emplacement

Le nettoyage terminé, tout n'est pas encore gagné.

Il vous reste tout d'abord à effectuer la même opération l'année suivante pour éviter que le lierre ne reprenne le dessus. Vous aurez également à gérer le mur lui même, en effet les tiges inclues dans la maçonnerie vont pourrir et disparaitre. Elles laissent un vide qui peut destabiliser certaines pierres, vous devrez alors les recaler afin que le mur tienne.

 

10 avril 2011

Utiliser les affleurements rocheux

Lors de la construction de murs en pierre sèche il est idéal de les fonder sur les affleurements rocheux. Quitte à changer vos plans d’aménagement, les roches dégagées lors du terrassement préparatif vous permettront de construire des murs solides s’inscrivant dans le paysage et optimisant l’utilisation de l’espace.

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Etat initial du talus avant intervention

Ce fut le cas lors de ce chantier de restauration d’un mur de soutènement en pierre sèche. Le mur initial s’appuyait sur la roche et était souligné par un talus envahit par les chênes kermès.

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Le décaissement du talus découvre un banc rocheux

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Le démontage du mur découvre le banc rocheux superieur sur lequel il était fondé

Lors du décaissement et du nettoyage du talus la structure rocheuse du talus a été mise à jour. Plusieurs couches de roches se superposent, celle sur laquelle s’appuyait le mur initial surplombe une couche inférieure qui empiète sur la plate bande inférieure.

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L'escalier s'inscrit dans la roche

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Le mur et l'escalier sont construits simultanément

Plutôt que de faire disparaître cet affleurement pour égaliser le terrain, il va être utilisé pour implanter un escalier. L’escalier s’inscrit dans la roche tout en y trouvant appui.

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Au bout du mur, à l'ombre du figuier, un banc en pierre sèche est insallé. Le chantier est terminé.

 

19 octobre 2011

Pierre sèche et histoire d'eau

Restauration d'un aménagement en pierre sèche en Ardèche cévenole. Le terrain est plein sud, très pentu et entièrement aménagé en pierre sèche. Les murs font souvent plus de trois mètres de haut afin de dégager des espaces suffisants pour la culture.

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Le lieu dit signifie source captée, et en effet c’est un petit paradis, protégé du mistral, bien ensoleillé, et surtout très bien arrosé grâce aux sources. Les bâtiments datent du 17ème et il semble qu’ils aient été relais de chasse pour les nobles de l’époque.

Les terrains à l’arrosage accueillent encore des cultures potagères, sinon les autres terrasses sont entièrement dédiées aux châtaigniers.

 

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Etat des lieux

Le mur de l’intervention est entièrement écroulé. Il est sur un niveau inférieur dans l’alignement de plusieurs bassins où l’eau qui s’écoule de la source est stockée (fig. 1).

Lors du démontage, nous constatons que sa profondeur est largement surdimensionnée, il fait plus d’un mètre de profondeur pour une hauteur d’à peine deux mètres. Certainement afin de bien drainer le sol arrosé et de résister plus longtemps aux poussées (fig. 2). Nous respectons cette profondeur lors de la reconstruction.

 

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Le mur fait plus d'un mètre d'épaisseur

Le mur démonté permet également de découvrir un système de touvières utilisées pour arroser les jardins de façon gravitaire à partir du bassin, et pour évacuer le trop plein d’eau venant de la source. Une première touvière dirige l’eau vers le jardin pour l’arroser. Une autre, qui débouche dans le mur que nous restaurons, sert également à l’écoulement du trop plein. Chaque touvière est composée d’un sol caladé sur lequel l’eau s’écoule, de murets en pierre sur les côtés supportant une dalle qui ferme et recouvre le dispositif. Afin d’éviter que l’eau ne s’infiltre dans le sol, les calades et les murets semblent avoir été maçonnés à l’argile et non à sec.

 

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Bassin principal où débouche la source

 

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L'eau est dirigée dans les touvières qui traversent les murs de soutènement successifs

 

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Le passage des touvières dans le terrain est repérable par les dalles

 

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Shéma d'une touvière

Le terrain est entièrement imbibé par l’eau au niveau de l’éboulement. Le trop plein d’eau de la source s’y écoule et ne trouve pas de passage. Impossible de dire si le mur s’est écroulé à cause de cette eau, ou si l’eau s’est retrouvée bloquée suite à l’éboulement. Dans tous les cas le mur a été sapé de la base, les pierres de fondation se sont affaissées sur le sol ameubli jusqu’à être en contre fruit. L’effondrement du mur a suivi.

 

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Le terrain est imbibé, notez les pierres de fondation affaissées en contre fruit

Les fondations sont reprises, la sortie de la touvière est dégagée et restaurée. Il est installé plusieurs exutoires au pied du mur afin d’éviter que l’eau n’y stagne, ce qui aurait pour effet de reproduire le phénomène de sape des fondations à long terme.

 

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Plusieurs exutoires permettent l'assainissement du sol

Le mur fini

 

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Autre article sur le sujet : Le drain d'un mur de soutènement en pierre sèche.

 

14 décembre 2011

Couronnement végétal d'un soutènement

Le couronnement d’un mur en pierre sèche a plusieurs fonctions techniques :

Il pèse sur la structure maçonnée du mur. L’obtention de l’équilibre par la répartition du poids étant le seul liant utilisé en maçonnerie à pierre sèche, cette fonction est primordiale.

Il protège le mur des écoulements d’eau de ruissellement, et des infiltrations de terre par son sommet.

Il finit le mur dans sa hauteur, aucun poids ne s’exerce sur lui. Il n’est donc pas calé lui-même par une masse supérieure qui le maintient en place, il est ainsi la plupart du temps composé de pierres plus lourdes, ayant une inertie propre suffisante pour ne pas être sujettes au mouvement.

Il doit ainsi surtout résister aux passages des bêtes et des hommes, surtout lorsque le mur n’est pas d’une grande hauteur.

La stratégie pour obtenir cette stabilité est en fait très diverse, car peu de terroirs offrent la possibilité d’utiliser de bonnes grosses pierres bien lourdes pour achever le mur.

La plus emblématique est le couronnement en pierres plates clavées. Ici à Taulignan dans le sud de la Drôme.

 

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Une variante, rencontrée au Beausset dans le Var sur le domaine de la Maison de la nature des quatre frères, que l’on pourrait nommer en écaille de poisson. Les pierres plates ne sont pas suffisamment conséquentes pour permettre un couronnement clavé, les bâtisseurs ont développé cette variante très efficace.

 

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Dans beaucoup de régions la stratégie utilisée est celle du talutage, le talus chapote le couronnement et le protège des piétinements.

 

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Talus de cailloutis sur mur de soutènement

 

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Talus de cailloutis recouvert de terre sur un mur de soutènement peu haut

Le talutage peut être renforcé par une végétalisation adéquate afin de tenir la terre.

Cette végétalisation peut être défensive et l’utilisation de plantes piquantes décourage les passages. C’est le cas pour ce mur observé à Gallargues-le-Montueux dans le Gard.

 

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Pour reproduire un tel couronnement 

Une fois le mur construit et le couronnement posé, il reste à mettre en place le talus.

On commence par recouvrir le haut du mur d’une couche conséquente de cailloutis. Cette couche aura l’effet d’un drain. Elle filtre et retarde l’infiltration des particules de terre dans la structure du mur. Elle a également un effet drainant qui va conditionner l’implantation des végétaux en créant une zone sèche et peu riche en substrat. 

 

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On finit par recouvrir cette couche de cailloutis par une couche de terre végétale.

 

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C’est dans cette terre que sont plantés les végétaux. Ici des figuiers de Barbarie qui décourageront tout passage.

 

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Il est bien sûr possible d’utiliser ce talus pour implanter un jardin sec, iris, succulentes, graminées, plantes rampantes, tout dépendra de vos goûts, de la région et de l'exposition.

 

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1 novembre 2008

Le terrassement

 

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Nous sommes ici dans le cadre d’une restauration d’un mur de soutènement à Colmars-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence).

 

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État des lieux

Le mur n’est pas ruiné de la même façon sur toute sa longueur : à certains endroits il a complètement disparu, d’autre parties sont envahies de végétation. Il reste de toute façon le talus sur lequel il va être possible de « s’appuyer » pour prévoir l’intervention.  

La première chose à faire est un état des lieux :

Mesurez la longueur du mur, sa hauteur, vérifiez que les pierres soient toujours présentes sur le site.

Aux endroits où le mur a complètement disparu faites de même en mesurant cette fois le talus afin de déterminer la hauteur finale du mur et prévoir la quantité de terre à décaisser. Inscrivez alors dans le talus, si nécessaire avec un cordeau, la ligne qui matérialisera la ligne de façade du futur mur.

Assurez vous également de la possibilité d’approvisionnement en pierre si il venait à vous en manquer. Ici, un pierrier issu des activités agricoles pourra être utilisé.

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Pierrier

Les raisons de la ruine d’un mur sont multiples, bien les appréhender lors de l’état des lieux évite les surprises. Cela permet par exemple de mieux gérer le calcul du temps nécessaire à la restauration. En effet, en plus du travail propre au mur, chacune de ces raisons sera à corriger afin de ne pas reproduire les défauts qui ont conduit le mur à la ruine.

 

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Souche d’arbre dans le mur


 

Contrairement à cette souche, toutes les causes de l’éboulement du mur ne sont pas visibles à ce moment des travaux. Elles ne deviendront évidentes que mises à jour par le terrassement.

 

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Début du terrasement


Une fois décidé où construire le mur dans le talus, le terrassement peut commencer. Il s’agit alors de décaisser* en dégageant dans le talus l’emplacement dans lequel le mur va être reconstruit.

Notez sur la photo que la terre est remontée, pour cela le talus est creusé de haut en bas afin de réduire l’effort de travail.

 

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Après « quelques » coups de pioches. Notez que les pierres sont également triées. Celles-ci sont par contre stockées en bas du mur.

 

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Les fondations d'origine


Nous sommes arrivés au niveau des fondations, Une pierre glissée (indiquée par un A sur la photo) nous permet de comprendre la raison de l’éboulement du mur à ce niveau. Il faudra replacer cette pierre dans l’alignement en évitant de reproduire les conditions qui ont permis son mouvement.

 

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Racines ayant renversé le mur


Un peu plus loin, les racines d’un arbre ont grossi dans la maçonnerie du mur, expliquant là encore sont éboulement. Les racines doivent être coupées avant la reconstruction (si l’on ne veut pas couper les racines il est également possible selon les cas de réaliser un arc de décharge).

 

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Une première partie du terrassement est terminée.


 

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Souche d’arbre

Le terrassement se poursuit sur une portion où le mur ne va être restauré que partiellement. En effet, le bas du mur est encore solide et ne nécessite pas de reprise. Il s’agit ici d’extraire une souche d’érable champêtre.

 

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Déssouchage


L’on nettoie d’abord le tour de la souche, cela permet de couper la plupart des racines qui en partent latéralement.

 

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Une fois la souche bien dégagée, et ses racines principales coupées, il est possible de s’aider d’un tire-fort pour finir de l’extraire  (ou si les racines pivotantes qui restent ne sont pas trop résistantes une simple sangle à cliquet de camion comme ici).

 

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La souche enlevée, le mur est purgé du reste de ses racines. Ce qui oblige souvent à démonter une partie conséquente de mur.


 

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Vue générale du terrassement achevé


Le mur apparaît en creux dans le talus, on parle de « l’âme du mur ». Le vide ainsi dégagé correspond à l’épaisseur du mur auquel on ajoute la profondeur du drain (ici jusqu’à 90 cm).

 

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Mise en place des fondations


Avant de construire il reste encore à vérifier et le cas échéant à reprendre les fondations. Si nécessaire les blocs de fondation sont réalignés, ou repris pour avoir le bon pendage* et un appui stable. Ici la remise en place d’un bloc de fondation poussé par la croissance des racines vues plus haut.

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Les fondations vérifiées, la construction peut commencer. Ici début de la construction du mur vu de dessus.

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Au même moment vu de face

 

Ci-dessous le mur terminé.

 

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* décaisser : creuser dans un sol afin d’y dessiner une forme en creux.

* pendage : le pendage d’une pierre désigne l’angle par rapport à l’horizontale que décrivent ses faces supérieures et inférieures, aussi appelées face d’assises. Le pendage permet le fruit.

 

 

23 juillet 2005

Un mur de soutènement dans le Luberon (Vaucluse)

Une deuxième phase de travaux vient de se terminer pour le chantier du mur de soutènement dans le Luberon, permettant la création d'une restanque autour de la piscine.

En voici quelques photos:

 

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Pour mémoire, l'article de juillet 2005 :

Un mur de soutènement dans le Luberon

 

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Présentation du chantier

Le projet est de surélever le niveau du sol afin d'obtenir une plate-forme gazonnée autour de la piscine.

La solution technique et esthétique retenue est la création d'un mur de soutènement en pierre sèche. La particularité de ce chantier est de confectionner le mur avant l'apport de terre, et non en vue de retenir un talus déjà existant.

Le mur est actuellement réalisé sur deux des côtés, en attente de la livraison de la terre. Le troisième côté comprendra un autre escalier permettant d’accéder à la plate-forme.

Détails techniques

Le mur fait 20 m de long sur une hauteur moyenne de 1,20 m. Le couronnement du mur est maçonné à la chaux en retrait, assurant une bonne solidité au faîte du mur tout en gardant l’aspect pierre sèche.

Il est achevé en double parement sur ses derniers 50 cm afin de créer une rambarde au-dessus du niveau de la future pelouse.

Trois accès sont intégrés au mur : l’un de plain-pied du côté de la maison, les deux autres traités en escaliers pierre sèche (technique rendue possible par le volume des blocs utilisés).

 

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25 mars 2006

C'est le printemps

... et un petit article à la volée, une tranche de vie autour d'un petit bout de mur, en pierre sèche bien sûr !

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Ci dessus le mur en question, nous sommes en fin mars, dans le département du Var, presque limitrophe des Alpes-Maritimes.

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le même mur en début avril, les travaux avancent, les fleurs fleurissent...

 

Les plantes

 

 

Les plantes qui poussent dans les murs sont dites "rudérales".

 

Voici celles qui poussent dans ce mur :

 

La Doradille

 

En latin, "Ceterach officinarum", famille des "Aspleniaceae", aussi appelée "herbe dorée"

 

Il s'agit d'une plante officinale. Pierre Lieutaghi, dans le "Livre des bonnes herbes" (Actes Sud, 1996, p.244), la cite comme diurétique.

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 Ci-dessus on voit comment les racines s'inscrivent à plat dans l'interstice laissé entre les pierres.

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Début avril. Les pluies sont passées depuis un moment, les feuilles s'enroulent, la plante se dessèche et se prépare à traverser l'été.

Le Nombril de Vénus

Il s'agit ici de "l'Umbilicus horizontalis", de la famille des "Crassulaceae", une autre variété est dite "rupestris".

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presque en fleur, grâce aux dernières pluies...

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profitant du moindre trou dans la pierre.

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Ci dessus une partie du mur colonisée par les nombrils de Vénus. Nous sommes maintenant en fin avril.

L'Asperge sauvage

Il s'agit ici de "l'Asparagus acutifolius", de la famille des "Liliaceae".

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je ne vous dis qu'une chose ... elle était très bonne!

asperge-ombilic de Vénus-racine

Les racines des asperges sont profondes et charnues, elles stoquent l'eau. Le nombril de vénus, quant à lui, n'a presque pas de racines, il stoque l'eau dans ses parties aériennes. C'est cette adaptation qui lui permet d'être aussi présent dans les murs.

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La Capillaire

(Je ne peux pas vous en donner le nom latin car je n'ai pu la reconnaître de façon sûre, peut-être une personne qui passera par là pourra nous éclairer plus précisément sur cette plante. Il ne semble pas s'agir de "l'Adiantum capillus-veneris", dite capillaire de Montpellier car les pétioles ne sont pas noirs).

capilaire

Ces plantes arrivent à cohabiter, ici avec la doradille et le nombril de Vénus :

capillaire, doradille et nombril

La Garance

Il s'agit ici de "Rubia peregrina", de la famille des "Rubiaceae".

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Ce que je nommais "l'Herbe à Robert"

Merci ma tante, bien connue des élèves de sciences nat. d'Alsace et de Bretagne, pour la précision, tous les géraniums sauvages ne sont pas des "herbes à robert" et celui ci semble être un géranium rotondifolium.

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Plante très courante et qui pousse à cet endroit du mur car de la terre s'y est déposée.

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nous voici en avril et elle a fleuri.

 

Ce que je nomme " Séneçon", mais lequel ?

(merci encore de votre aide)

 

 

senecon

 

 

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La Valériane

Il s'agit ici de la "Centranthus ruber", de la famille des "Valerianaceae".

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ici en mars.

 

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début avril, en fleur.

 

La Vigne blanche

 

Il s'agit ici de la "Clematis vitalba", de la famille des "Ranunculaceae".

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C'est une clématite, très envahissante, si on la laisse pousser elle forme des lianes qui, soit grimpent aux arbres, soit s'étalent et etouffent toute autre végétation.

 

Une Euphorbe

Il s'agit ici de l' "Euphorbia helioscopa", de la famille des "Euphorbiacée", elle est aussi appelée l'Euphorbe réveil matin !

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Ci dessus, nous sommes en fin avril, l'alumette vous donne la taille de cette euphorbe, nanifiée pour s'adapter, survivre et fleurir sur cette petite motte de terre.

Le Fumeterre

Il s'agit ici du "Fumaria officinalis", de la famille des "Fumariacées", elle est aussi appelée Fiel de terre !

Il s'agit d'une plante officinale.

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En fleur. Début avril.

Le Lierre

Il s'agit ici du "Hedera helix", de la famille des "Haraliacées"

Il s'agit d'une plante officinale. Pierre Lieutaghi, dans "Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux" (Actes Sud, 2004, p.784) la note comme dépurative et sédative en usage interne (attention il convient de bien se renseigner avant d'en avaler, il s'agit d'une plante TOXIQUE). En usage externe, résolutif, détersif, cicatrisant.

C'est également une plante saponifère.

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Ici une jeune pousse où des fourmis ont mis quelques pucerons à pâturer.

 

La Mercuriale

Il s'agit ici de la "Mercurialis annua", de la famille des "Euphorbiacées"

Il s'agit d'une plante officinale, elle aussi TOXIQUE.

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elle n'est pas ici tout à fait dans son élément, elle préfère s'épanouir dans une bonne terre arrosée de jardin.

 

Ce que j'appelle "l'Orpin"

Il s'agit ici du "Sedum spathulifolium 'cappa blanca' "

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Le Sedum

Il s'agit ici de "Sedum sediforme" dit aussi "Sedum nicaeence", de la famille des "Crassulasseae".

 

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il est ici associé sur la même pierre avec les grands absents de mon article, car je ne peux pas vous en donner, non seulement le nom en latin, mais aussi en français :

Les Lychens et les Mousses

 

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Nous sommes maintenant en fin avril...

Deux nouvelles plantes s'imposent dans cet article par une belle floraison.

L'Iris

 

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C'est l'une des plantes les mieux adaptées pour le haut d'un mur en pierre sèche.

Elle peut aussi être considérée comme une plante technique. En effet ses tubercules et ses racines retiennent la terre des talus et remplacent aventageusement le géotextile du haut du mur.

Une Saponaire

Il s'agit ici soit de la " Saponaria Calabrica" soit de la "Saponaria ocymoides", de la famille des "Caryophyllaceae". Mes flores et mes connaissances botaniques ne me permettent pas d'aller plus loin dans la reconnaissance.

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Tout début mai, sur le mur exposé au sud, c'est déjà l'été, une dernière fleur

L'aillé fer

Il s'agit ici de l' "allium roseum" de la famille des "liliacae".

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  Mis à jour le 8 mai 2006.

11 février 2010

Le drainage d'un mur en pierre sèche

Construire un mur de soutènement est avant tout un aménagement paysagé. Il s’agit de réorganiser le sol en fonction de la pente dans le but de créer une surface plane sur laquelle une culture ou un jardin pourront être implantés.

La réorganisation concerne toutes les composantes du sol, ainsi que son profil, pente et relief. La pierre et les cailloutis en sont extraits et mis de côtés, ce seront les matériaux utilisés pour la construction du mur proprement dit. Par ce tri, la terre est bonifiée, le mur n’est là que pour la retenir.

La plupart des gens regardent les murs de soutènement en pierre sèche comme des ouvrages de maçonnerie, or ils sont bien plus que cela. Ils ne sont qu’un des éléments d’un aménagement beaucoup plus vaste et qui engage tout l’environnement dans lequel ils s’inscrivent*.  

Le mur ne retient pas seulement la poussée de la terre, il évite son érosion, il permet une meilleure absorption de l’eau par les sols, réduisant ainsi substantiellement la quantité d’eau de ruissellement, et pour finir il assure le drainage du terrain. Il est l’un des éléments de la gestion d’un facteur primordial pour le terrain et sa mise en culture, l’eau.

En fait, et sans beaucoup forcer le trait, l’aménagement d’un terrain par des ouvrages en pierre sèche a une seule obsession, la gestion de l’eau, son écoulement, sa diffusion, sa récupération et cela concerne en particulier les eaux pluviales.
(je vous conseille, pour en prendre la mesure de visioner la vidéo qui est proposée sur cette page du blogue Lesperdigones ici).

Tous les ouvrages en pierre sèche sont naturellement drainants, ils récoltent l’eau et la redistribuent. Drainer un écoulement d’eau ne le fait pas disparaître (même si il le réduit en arrosant les parties traversées), il dirige le surplus là où le drain s’arrête.

Un positionnement judicieux des ouvrages en pierre sèche sur un terrain permet de créer une circulation de l’eau selon un réseau que l’on aura au préalable bien réfléchi.

Chaque mur récolte le ruissellement de surface au niveau de ses fondations, la fondation elle-même draine l’eau qui s’écoule jusqu’à son point bas. Arrivée à ce niveau, si il n’a pas été prévu de poursuite du drain, elle stagne et fait une flaque. Selon la quantité d’eau (par exemple lors de pluie abondantes ou orageuses), cette flaque et son écoulement dans la pente peut devenir problématique. Elle peut être source d’érosion du terrain, de sape des fondations, d’éboulement des murs, et plus en aval d’inondation.

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Exemple de mur dont le point bas des fondations n’a pas été poursuivi par un drain, ici après une forte pluie, l’eau s’est accumulée et a commencé à emporter la terre en ruisselant

 

C’est pourquoi chaque point bas des fondations d’un mur de soutènement en pierre sèche doit être aménagé d’un exutoire qui permet au flux de l’eau de poursuivre sa route sans dommage pour l’aménagement.

 

Cet exutoire sera lui-même poursuivi par un drain dont la fonction est de diriger l’écoulement du surplus d’eau là où il ne risque pas de créer de dommages.

 

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Tous les drains se recoupent ainsi et créent un réseau qui finit par déboucher dans un fond de vallon ou un ouvrage où l’eau pourra reprendre sa pente « sauvage ».

Traditionnellement le cours de ces drains passait par des bassins et des citernes (aussi appelées aiguiers en Provence), où l’eau était récoltée et conservée pour l’arrosage lors des périodes sèches. Ces citernes faisaient partie du réseau de circulation des eaux pluviales avant leur arrivée dans le fond de vallon. Cette pratique optimisait l’utilisation des eaux de pluie, tout en tenant compte techniquement des dégâts qu’elles pouvaient produire.

Un exemple sur ce mur

Le mur fait plus de 30 mètres de long, la préparation des fondations creusées dans le sol crée une tranchée en pente dans laquelle l’eau va s’écouler.

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Les fondations du mur en pierre sèche, protégées par un géotextile qui empêchera la terre de s’infiltrer et de combler la tranchée, vont servir de drain géant où va s’écouler tout le surplus d’eau lors des précipitations

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Toute cette eau va se regrouper au point bas du mur

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Tant que le drainage n’est pas poursuivi, l’eau va se retrouver piégée là et va s’écouler sur le terrain lui-même  c’est pourquoi le drain des fondations est poursuivi par un drain enterré qui permettra de diriger l’eau soit vers un ouvrage permettant son stockage, soit dans un écoulement aménagé où elle ne pourra pas entrainer de dégradations.

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Ici une ancienne citerne récoltera le surplus d’eau et la stockera 


Le mur fini, le drain d’évacuation n’est plus visible. Ce travail est facilement oublié car peu spectaculaire, il est néanmoins vital pour la longévité de votre ouvrage et pour le respect des sols sous-jacents à celui-ci.

D'autres articles traitent du drainage sur ce blog.

Lire également le compte rendu de visite d'un spéléologue dans un puits en pierre sèche.



* C'est d'ailleurs pourquoi le murailleur, aménageur pierre sèche, n'est pas un maçon, la maçonnerie du mur n'est qu'une partie de son travail, sa principale compétence réside dans l'analyse de l'aménagement, dans la gestion des sols, du terrain, et de l'écoulement des eaux.

Mis à jour le 31 aout 2011

7 mars 2008

Arbres et murs

Ensemble, arbres et murs, nous offrent des paysages de carte postale.

 

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Pourtant ils ne font pas toujours bon ménage, et il n’y a pas de moyen plus radical de ruiner une maçonnerie que d’y laisser pousser des arbres. C’est pourquoi lors de l’entretien régulier de vos maçonneries en pierre sèche vous arracherez tous les jeunes plants d’arbuste poussant à proximité afin que leurs racines ne s’y implantent pas.

 

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Les racines de cet arbre ont éboulé le mur

Cependant toute règle à ses exceptions, et un équilibre peut être obtenu entre une maçonnerie en pierre sèche et un arbre.

 

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Cet amandier pousse dans une maçonnerie clavée, il la renforce en augmentant la poussée latérales sur les pierres et participe à la solidité du mur.

 

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Ce chêne a fait tomber le mur ! Ne soyez pas rancuniers, installez un arc de décharge qui permet de garder les deux.

 

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Chêne incognito dans un mur en pierre sèche.

 

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Plutôt que de déplacer une vigne, aménagez le mur...

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Le mur a disparu, il n'en reste que ce petit bout, en suspend, soutenu par la racine d'un arbre voisin.

 

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Celui qui a construit ce mur de soutènement l'a volontairement fondé sur les racines des arbres.

Pour finir, les murs en pierre sèche sont des structures adaptatives et souples, les arbres ne leur sont pas obligatoirement délétères, ils s'adaptent.

Si vous avez décidé de planter des arbres, visitez le site de l'association APA,
ses conseils vous enrichiront !

25 juillet 2009

La pierre et le bois

Le bois a été très employé dans l’aménagement en pierre sèche.
Il n’en reste aujourd’hui plus de trace dans les constructions, celui-ci ayant généralement pourri.

En analysant la structure d’un parement, il est encore possible à un œil averti de supposer, qu’une poutre ou un gros bâton a pu être planté dans le mur.

Les usages pouvaient être multiples, petits abris ou cabanes, piquets de séchage, point d’attache pour les bêtes ou pour une treille, escaliers, etc.

 

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                                             Ici l’exemple d’un vieil escalier volant en bois à Colmars-les-Alpes

La technique pour réaliser ces aménagements est très simple, elle a été décrite dans l’article sur l’échafaudage volant, visitez également cet article sur les escaliers volants.

 

Voici ici un exemple d’installation d’un escalier volant en bois

 

Munissez-vous de planches ou de bâtons suffisamment solides pour recevoir le poids d’une personne, et suffisamment longs pour être plantés sur les deux tiers de leur longueur dans le mur

 

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Faites attention de ne pas mettre la dernière marche trop près du couronnement du mur cela pourrait le soulever, abimer le mur et rendre votre escalier dangereux.

 

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Positionnez les marches afin d’obtenir le confort d’utilisation de l’escalier

Plantez les en force dans la structure du mur à l’aide d’une masse en guidant leur pénétration pour qu’elles ne dévient pas.

 

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L’escalier fini

 

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6 octobre 2005

Pierre à pierre et pas à pas

Par cette suite de photos, prises lors du chantier du mur de soutènement dans le Luberon, j'espère vous faire partager un peu de technique :

 

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Notez que les parpaings ne sont là que provisoirement. Ils ont été installés lors de l'apport de terre afin d'éviter que celle-ci ne glisse avant la construction du mur.

 

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20 octobre 2005

Mots et murailles

Dans cet article en chantier, quelques textes littéraires et autres oeuvres où l'homme cotoie, pense et utilise la pierre, et plus particulièrement la pierre sèche.

 

"Seules les pierres, pense la mort, seront longues à mourir"

 

Andrée Chedid

 

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«  On grimpe par les zig-zags d’un sentier vénérable, tantôt parmi la sécheresse de rocs brûlés, tantôt dans la pénombre de pauvres oliviers moins majestueux que partout ailleurs, (…),la chaleur cuit.(…) Un peu de terre est parfois retenue sur cette brusque chute de rocs et il faut tout un mur pour qu’un triste olivier végète ».

Louis Cappatti dans l’article : Peillon, Revue Nice Historique, 1924, p16.

« Sur les coteaux abrupts, l’homme, péniblement, a construit de solides murs en pierres sèches que le temps à vêtu de mousses et de grisaille, afin de retenir les quelques pelletées de terre meuble qu’il a jeté sur la roche compacte ou sur l’aride pierraille ».
Pierre Isnard, cité par Louis Cappatti dans l’article : A propos de l’Armanac Nissart, revue Nice Historique, 1928, p. 24. 

 
« Quelque chose craque encore dans la toiture faite de poutres et de grosses pierres plates, qui s’élevait obliquement au dessus d’eux et n’avait qu’une seule pente, le chalet étant adossé à un ressaut de roc qui remplaçait le mur du fond. (…) quelque chose craque dans la toiture, c’est que les dalles d’ardoise, étant exposées pendant le jour à la chaleur du soleil, sont fortement dilatées par elle, puis, le soir venu et le froid, se rétractent, faisant des mouvements soudains et espacés, comme si on marchait sur le toit. » p. 12
 
 « On entendait de temps en temps le tintement d’une clochette au cou d’une chèvre quelque part dans les environs. Les chalets étaient de ci de là répandus. C’est des cabanes en pierre sèche. Une des pentes de leur toit était tout enneigée de lune, l’autre se confondait avec l’ombre qu’elle projetait sur le sol. » p. 16 
C.-F. Ramuz, dans le récit: Derborence, éditions « ne varietur » pour « La Guilde du Livre », Lausanne, sans date.

Toujours de Ramuz, cette fois ci dans "Si le soleil ne revenait pas" éditions marabout, Verviers, 1978
"Oui c'est qu'il y a le lac. oh c'est raide là-bas, c'est encore plus raide qu'ici. C'est une côte au bord de l'eau, c'est comme un coté de baignoire, ça a deux cent mètres de haut. Et la terre n'y tiendrait pas toute seule, mais ils ont fait partout des murs qu'ils ont mis les uns au dessus des autres, qui la soutiennent; et où ils cultivent la vigne avec des faussoirs, remontant chaque hiver dans des hottes la terre qui est descendue.

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"Il regarde avec stupeur passer les tourbillons de l’orage et se laisse gagner peu à peu par le sommeil, précurseur de la mort. (…). Dans quelques mois lorsque la neige aura été fondue par la chaleur (…) quelque chien de pâtre retrouvera le cadavre et pas ses aboiements effrayés appellera son maître".

"Autrefois les débris humains trouvés dans la montagne devaient reposer à jamais à l’endroit où le pasteur les avait découvert. Des pierres étaient entassées sur le corps et chaque voyageur était tenu d’ajouter son caillou au monceau grandissant. Maintenant encore, le montagnard qui passe à côté de l’un de ces tombeaux antiques ne manque jamais de ramasser sa pierre pour en grossir le tas. Le mort est maintenant inconnu, peut-être même est-il resté toujours inconnu ; mais de siècle en siècle, le passant ne cesse de lui rendre hommage pour apaiser ses mânes".

RECLUS Elisée, Histoire d'une montagne: Gollion-CH, édition infolio, collection Archigraphy poche, 2011, 207p


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Si aujourd'hui, dans nos contrées, construire en pierre sèche est un acte souvent esthétique, comme partout ailleurs, à l'époque où le caddie n'existait pas, il était dicté par la nécessité pour l'homme de s'adapter à son environnement en utilisant au mieux les matériaux et les ressources qui l'entourent.

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Le film de Wang Quan An, Le mariage de Tuya, interprété par la superbe Yu Nan, prend pour décor l'environnement paysan de la province de la Mongolie Intérieure en Chine. Vous y verrez, encore en vie et en état de marche, des structures et des constructions en pierre sèche, le tout vibrant de lumière et de sentiments. 

 

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La chanson du murailleur

Le silence des mots, obscur et lent empilement de signes,
comme l’odeur de la pierre sur mes mains de retour le soir, 
au bout du mur,
est un lieu rond où je me rends, patient, visage buriné, 
écrit sur toutes les faces,
où s’ouvrent toutes les portes et qui les condamne toutes.
Le silence des mots
au bout du soir, le labeur terminé,
il est juste derrière
ce n’est pas un secret
c’est le seul lieu où je ne suis plus seul.

Louis Cagin I/05


Trois extraits, souvenirs de jardinier, trouvés dans "calendrier perpétuel" D'ernst Jünger, (Bruxelles 2006, Artgo éditeur)


"27 juin 1967: La petite économie. Dans la cour de devant les joints d’entre les pavés sont remplis de pâquerettes. En retournant le jardin, on découvre sans cesse de nouvelles pierres : il faut les exhausser. Je les réunis en un tertre, le couvre de terre et y plante de la mousse. Il commence à fleurir, la décharge s’est changée en un lieu charmant. Les algues fleurissent elles aussi ; le marbre des pierres tombales se teinte de rouge. »

"16 septembre 1970 : Le printemps humide a tout fait monté en tige : La mousse du tertre, les coloquintes, les zinnias.(…)" 

« 6 septembre 1972 : Sous la tonnelle, un jeune hérisson, qu’Indra (ndl : le chat)  a flairé et qui n’a pas tardé à disparaître.Ces petites créatures savent se dissimuler dans les jardins comme peu d’autres.Mais quels habitants ou quels visiteurs ont-ils élu mon tertre de pierres, que j’avais si richement couvert de mousse verte et qui a maintenant l’allure d’une ruine ?"


Philippe Jaccottet dans le recueil poésie à la nrf

Poids des pierres et des pensées

Songes et montagnes
N'ont pas la même balance

Nous habitons encore un autre monde
Peut-être l'intervale.
 
Paul Celan (recueil "De seuil en seuil" p. 71) "Et la beauté"


Et les pierres que tu as entassées,
Que tu entasses,
Vers où jettent elles les ombres et jusqu'où ?
Et le vent qui les effleure;
et le vent dérobe-t-il une ombre à ces ombres,
la met-il à tes mesures ?"

"Und die Steine, die du haüftest, die du haüst : wohin werfen sie die Schatten, und wie weit ?  Und der Wind, der drüber hinstreicht, und der Wind : rafft er dieser Shatten einen, miSt er ihn dir zu ?"
comme incitation de l'heure


Toujours Paul Celan, mais cette fois ci dans le recueil "Grille de parole" p.47

Nuit
Cailloux et galets.

Et un éclat de verre, grêle
Echange d'yeux, enfin, à contre temps :
résistant à l'image
devenu bois
la rétine
en signe d'éternité.
Pensable :
Là haut, parmi les travées du monde,
Stellaire,
le rouge de deux bouches.
Audible (avant l'aube?) :
une pierre, qui prit une autre pour cible


Trois derniers: 
"Quelle que soit la pierre que tu lèves."
 
Quelle que soit la pierre que tu lèves -
tu découvres ceux qui ont besoin de la protection des pierres
nus,ils renouvellent maintenant le tressage.
Quel que soit l'arbre que tu abats -
tu menuises le cadre du lit sur lequel les âmes de nouveau s'agglutinent
comme si, lui non plus, il ne tremblait pas,
cet éon.
Quel que soit le mot que tu dis -
tu rends grâce à perte et péril
Dans le recueil "renversé du souffle"
 
Dans les fleuves, au nord du futur,
je lance le filet que tu alourdis,
hésitant,
d'ombres écrites par des pierres
La Halde (Dans le recueil "De seuil en seuil)
 
Tu vis à côté de moi, comme moi
comme une pierre
dans la joue creuse de la nuit.
O la halde bien aimée,où nous
Roulons sans cesse,
Nous pierres,
de rigoles en rigoles,
Plus rondes à chaque fois,
Plus semblables, plus étrangères.
O cet oeil ivre
qui comme nous erre alentour,
et qui parfois, surpris,
nous voit en un.

Lu dans "La Raison", de Pascal Quignard, biographie de Porcius latron (-57, -4 AJC), Edition le promeneur, Paris, 1990, un paysage antique en quelques extraits: 

"C'est à peu près dans ce temps là qu'il souhaita s'éloigner du Viminal et des collines les plus urbaines (note de lecture :  nous  sommes ici à Rome en -24), Il trouva à se rapprocher du Tibre (...). Il ne voulu qu'une cabane de pierres plates sans mortier, avec deux pièces sans fenêtres. (...). Il mit deux ans à faire recouvrir la cahute de tuiles neuves et jaunes (...) le sol était sans pavement, il mettait des tapis de laine sur le sol pour s'asseoir."

"L.J. Gallion devint sénateur, Porcius Latron ne devint rien. Sur le bord de la rive, devant la cabane de pierres sèches, les inondations et la pluie avaient mis à nu des gros caïeux qui sortaient de terre. derrière la maison il y avait un bois d'olivier et un champ planté de froment moissonné.(...) plus loin s'étendaient la vigne et la plaine."

"Auguste citait volontiers ce mot de Porcius : ' Mon corps est un ru de boue qui n'est pas continu. Ma demeure un amas de cailloux qui tient debout par hasard. Ce que j'ai inscrits ce matin sur mon morceau de buis est moins personnel que ce que la bave lumineuse de l'escargot a noté sur sa feuille de laitue.' "


Dans "La gloire de mon père" de Marcel Pagnol :


"Cependant mon grand-père, qui n’était pas « monsieur l’aîné », n’hérita pas de la cartonnerie et il devint je ne sais pourquoi tailleur de pierre. (…) Il me parlait souvent de son métier ou plutôt de son art, car il était maître appareilleur".

Il n’estimait pas beaucoup les maçons : « Nous disait il, nous montons des murs en pierre appareillées, c'est-à-dire qui s’emboîtent exactement les unes dans les autres, par des tenons et des mortaises, des embrèvements, des queues d’arondes, des traits de Jupiter… bien sur nous coulions aussi du plomb dans les rainures, pour empêcher le glissement. Mais c’était incrusté entre deux blocs, et ça ne se voyait pas ! Tandis que les maçons ils prennent les pierres comme elle viennent, et ils bouchent les trous avec des paquets de mortier … Un maçon c’est un noyeur de pierres, et il les cache parce qu’il n’a pas su les tailler. »

Plus loin lorsque le petit Marcel s’est perdu en voulant suivre son père à la chasse… « Je découvris une sorte de hutte conique, faite de pierres plates, et très ingénieusement disposées. Chaque rang circulaire avançait vers le centre, de la largeur d’un doigt, si bien qu’au sommet, les cercles diminués à chaque étage, finissaient par se rejoindre. Le dernier laissait un vide grand comme un assiette, qui était couvert d’une belle pierre plate. La vue de ce refuge me rappela ma triste situation. (…) Je n’y entrais pas tout de suite (…)A travers le trou qui servait d’entrée, je plongeais un rameau de pin, que j’agitai dans tous les sens, en proférant quelques menaces. Le silence me répondit. Avisant une meurtrière, j’examinais l’intérieur. Il n’y avait rien si ce n’est une couche d’herbes sèches, sur laquelle un chasseur avait du dormir. Je me glissai dans la hutte que je trouvai fraîche et sûre, là du moins je pourrai passer la nuit à l’abris des fauves nocturnes mais je constatais avec inquiétude que le trou d’entrée n’avait pas de porte !… J’eus aussitôt l’idée de réunir un bon nombre de pierres plates et de le boucher par un petit mur (…).Première déconvenue, il n’y avait pas une seule pierre plate autour de la hutte. Où donc le berger avait il trouvé celles qui lui avaient servi ? Je compris dans un éclair de génie qu’ils les avaient prise là où il n’en restait plus. Je n’avais qu’à chercher plus loin, ce que je fis avec succès… Pendant que je transportais ces matériaux –qui m’écorchaient les mains- je pensais : « pour le moment personne n’a d’inquiétude. Mais quand ils (les chasseurs, le père et l’oncle de l’enfant Marcel) vont rentrer quelle catastrophe. Maman va peut être s’évanouir ! En tout cas elle va pleurer. Sur quoi je me mis à pleurer moi-même, tout en serrant sur mon ventre écrasé une pierre parfaitement plate, mais qui pesait autant que moi. »


La BD de Baudoin, "Couma aco", éditée par "l'association" parle d'un grand père murailleur... 

Toute l'émotion que l'on éprouve à construire un mur en pierre sèche est résumée en quelques dessins.

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"Est-ce le mur qui tient l'arbre ou le contraire?
et les racines, jusqu'où vont-elles?
je ne sais pas. Des hommes ont habité là. Quand je frappe avec ma serpe sur les ronces qui effacent les chemins, je sens ces hommes dans mes bras."

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" Là couma aco es béu!"

Dans "Le Fleuve Alphée", de Roger Caillois aux éditions Gallimard, 1978

"Elargissant sans cesse le cercle d'une solidarité qui me diluait au plus lointain de moi même, j'en vins à rencontrer dans les pierres la récompense souhaitée. Elles se révélèrent peu à peu comme un album gigantesque. Situées à l'extrême de la taciturnité, elles étaient placées du même coup aux antipodes de l'homme et de la pensée. Je les devinais contenir en leur masse impassible et perdurable la totalité des transformations possibles de la matière, sans rien en exclure, ni même la sensibilité, l'intelligence, l'immagination."

"Subsistent les pierres qui sont un monde à elles seules; peut-être qui sont le monde, dont tout le reste, l'homme le premier, sommes excroissances sans durée."
 
"Dans le même temps je cherche à donner à mes phrases, même transparence, même dureté, si possible, -pourquoi pas?- même éclat que les pierres. (...) Les pieres, présentes à l'origine des choses, se confondent avec les choses mêmes. Et rien d'humain qui ne leur soit irrémédiablement étranger. Elles subsisteront dans l'espace sidéral après l'universelle et l'inévitable dissolution. Les vestiges d'un parasite d'un jour ne seront plus que trace dans l'épaisseur des pierres. Fossile pour personne.
Je laisse les images m'assaillir, prolonger la pierre, (...). Je n'attends pas d'accéder à quelque révélation. C'est une simple pierre que j'ai toujours sous les yeux. Qui ne me dévoile pas le moindre secret.(...) Je ressent un calme bonheur. Je me trouve récompensé, (...). Je reçois la confirmation d'un savoir que je ne savais pas m'appartenir."


Dans "Respirer l'Ombre" de Giuseppe Penone, aux éditions E.N.S.B.A, 1999-2004

"La pierre attend les mouvements végétaux. Elle est comme un fragment de mer. Elle a la même valeur visuelle que l'eau qui inclue les récifs et lèche la côte mais, contrairement à la mer, c'est elle qui est peu à peu enveloppée par l'expansion lente et fluide du végétal"

"La capacité qu'ont les pierres de se soulever du sol ressemble à celle des albatros qui, grâce à l'envergure de leurs ailes, exploitent les courants ascendants de l'air,"

"Une pierre qui se lève de terre sous l'effet de la pluie, de la rosée. Une pierre qui vit les variations de l'humidité du milieu où elle se trouve est une sculpture en plein air. La corde végétale qui attache la pierre, rétrécit avec la pluie et la soulève."


Trouvé par un ami dans le "Journal de bord" de Pierre Guyotat, qui résume en quelques mots le conte de "Jean des pierres".
(Ce conte d'origine bretonne, raconté par Pierre Jakez-Hélias "Les autres et les miens" a récemment été repris par J.Y. Royer dans une version "murailleur provençal" et chanté par Renat Sette, et également joué par Roger Pasturel.

"Un soir de tempête, il était couché avec sa femme, mais il ne pouvait dormir. Il se retournait sans cesse dans son lit. Tout à coup, à sa femme: "Il faut que j'y aille, j'entend une pierre qui souffre, elle m'appelle!". Le lendemain matin on l'a retrouvé mort. Le mur s'était écroulé autour de lui, mais aucune pierres ne l'avait touché dans sa chûte. Il serait sur son coeur la pierre qui souffrait."


Un autre conte, mettant en scène lui aussi le carractère d'un murailleur. Il s'agit de "La Grande muraille", de Claude Michelet édité en 1981 aux éditions Robert Laffont. Firmin y hérite d'une parcelle de pierre, il passe sa vie à en faire un jardin, clos d'une monumentale muraille maçonnée à sec.

"Je suis le riche propriétaire d'une pièce que personne n'a jamais pu cultiver et que personne ne cultivera jamais car les cailloux cachent la terre"
"Les hommes s'étaient servis du lieu pour se débarrasser des innombrables pierres ramassées dans les champs. A la base des tas c'était les gros moellons, ceux qu'on enlève lorsqu'on décide de défricher une pièce. Et puis peu à peu par étage le volume des quartiers diminuaient. Les tas étaient couverts de petites caillasses grosses comme le poing que des générations de femmes et d'enfants avaient glannées derrière les herses."
"Une belle muraille, pas avec des pierres en vrac mais avec des pierres que je rangerai et chacune aura la place qu'elle devra avoir"
"Un quartier monstrueux, d'au moins quatre quintaux l'occupa pendant plusieurs jours car il voulait coûte que coûte que ce rocher prenne place dans les fondations"
"La muraille atteignit un mètre ciquante de haut. A sa base une large bande de terre rouge, mis au jour par l'enlèvement des pierres se fendilla sous le soleil."
"Et la muraille s'éleva, belle, majestueuse. Elle s'étira peu à peu comme un long reptile blance. Derrière sa tête monstrueuse, couverte d'un jardin fleuri,elle déroula son corps en une courbe douce qui épousa la forme du champ."


Gérard de Nerval "vers dorés"

"Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres"


Une saison en enfer, Arthur Rimbaud

"Si j’ai du goût, ce n’est guère
Que pour la terre et les pierres.
Je déjeune toujours d’air,
De roc, de charbons, de fer.
 
Mes faims, tournez.
Paissez, faims, Le pré des sons.
Attirez le gai venin
Des liserons.
 
Mangez les cailloux qu’on brise,
Les vieilles pierres d’églises ;
Les galets des vieux déluges,
Pains semés dans les vallées grises "


Un texte de André Frénaud

"Plainte du dernier restanquère

Dans la Provence et les montagnes
Allant de commune à commune
Avec mes mains pour seuls outils
j'élève et je maintiens les murs.
Le sol en pente, je l'arc-boute
Pour l'établir en terre ouvrable.
Cet art si beau qu'on m'a transmis
C'est l'architecte de la terre
Je suis compagnon Retanquère.
J'étais car tout ça c'est perdu. "


"Qu'est-ce donc qu'être quand on ne sait pas ce que l'on est ?
- Être, comme la pierre. Un lieu, rien d'autre."

Fernando Pessoa


"Tout change, quoique pierre"

Monet


"Je voudrais visiter les nuages et saluer les pierres"

Yuan Hongdao
In ' Nuages et pierres' édition Picquier poche


Dans apprendre à parler à une pierre d’Annie Dillard, éditions Christian Bourgeois

« Il y a un homme la trentaine qui habite seul avec une pierre à laquelle il essaie d’apprendre à parler (…) c’est un galet de plage, ovale, grand comme la paume, dont le gris sombre est strié par une bande de blanc qui court tout autour (…) une de ces pierres que nous appelons pierre à souhaits, pour des raisons obscures mais pas inimaginables, je crois. »

 

« Il la garde sur une étagère. D’habitude, la pierre est protégée par un carré de cuir brut, tel un canari endormi sous sa couverture. Larry ôte la couverture pour les leçons de la pierre (…). »

 

« Nous sommes ici pour être témoin. Nous ne pouvons rien faire d’autre avec ces matériaux muets dont nous n’avons pas l’usage. D’ici à ce que Larry apprenne à parler à sa pierre, d’ici à ce que dieu change d’avis ». « Nous pouvons mettre en scène notre propre action sur la planète – construire nos villes sur les plaines, construire des barrages sur les rivières, ensemencer ses terres fertiles –mais notre activité signifiante couvre bien peu de terrain. »

 

« Le silence est tout ce qu’il y a, l’alpha et l’oméga. Dieu planant sur les eaux, les notes mêlées de dix mille choses, la plainte des ailes (…) » 



Une pierre sur l’autre 

Passent et repassent 

Le jeu des perspectives 

Le choix des volumes et des formes

  

Perdu dans le détail 

A faire tenir debout le hasard 

L’attention en grand écart à l’horizon 

Sur le fil tendu de la tâche

  

Au centre ‘le beau’ 

La matière que j’agis 

Et qui me laissera passer,

 

Immobile,

 

Nourrie de mes gestes 

Tels qu’ils l’ont laissée

 

Là 

Où je ne puis rester.

 

L. Cagin, les chansons du murailleur


La grotte aux lotus

« Les pierres de la grotte sont belles à croire qu’elles sont vivantes, encore plus parfaites que si elles avaient été sculptées.

J’aime a le répéter, les collines des environs ont une ossature de pierre sous un épiderme de terre, elles sont creuses à l’intérieur et ouvertes de tous côtés et leur relief s’est enhardi au fur et à mesure que l’on en a extrait des pierres.

(…) Si la montagne laissait mieux voir son ossature, quelle ne serait pas sa merveilleuse beauté ? »

Yuan Hongdao
In ' Nuages et pierres' édition Picquier poche
 


Trouvé dans "Jean le Bleu" de Jean Giono, edition Grasset 1932

"Les allées étaient pavées de petits cailloux plantés de champ. Soeur Dorhotée était la paveuse. On la trouvait toujours, et toujours tout à coup, accroupie dans une bulle d'ombre. Elle alignait ses petites pierres en des arcs de cercle dont la largeur du chemin ne laissait apercevoir qu'un segment: le segment visible et paisible abrité par le couvent. Le reste du cercle s'en allait en fumée dans le jardin, dans le monde là bas, loin, loin, au delà des murs et des collines qu'on apercevait un peu, et dieu seul sait par où il s'en allait tourner avant de revenir dans les mains de soeur Dorothée."

 



Avec leurs mains sur leur tête
ils avaient monté des murettes
jusqu'au sommet de la colline

Jean Ferrat



Pierre à pierre, le silence

Une saison de gel
sauvera nos derniers mots

Jean-Claude Izzo, L'aride des jours, editions Librio 2001


"Si tu me dresses un autel de pierre, ne le bâtis pas de pierres taillées, car à les tailler au burin, tu les profanerais".

Exode (20, 25)



"C'était, là-bas, dans l'ouest de la Cornouailles, une matinée blanche, immobile, au milieu de l'aspect primitif de la lande et des énormes blocs de granit qui faisaient saillie hors de terre. On comprend et facilement que les hommes adorent la pierre. Ce n'est pas la pierre. C'est le mystère de la terre, puissante et préhumaine qui montre sa force".

D.H. Lawrence, Kangourou, editions Gallimard


"Devant la montagne un rocher est constitué d'innombrables fragments de pierres, aérolithes créés par le vent, quartz créés par la terre, pierres ponces créées par la mer, cendres crées par le feu, fragments ressoudés au long d'une succession d'âges si infinie que la pensée ne peut le concevoir"

Liu Tong, in "les paradis naturels", Jardins chinois en prose, éditions Picquier poche


"Se glisser dans la texture des pierres
Pénétrer la trame des murailles"

Andrée Chedid, recueil "Au coeur du coeur"

 


Le site de Pierre d'Iris propose une sélection de textes écrits à partir d'une inspiration liée à la pierre sèche.

 



Vous êtes passés par ici, n'hésitez à faire vivre cet article en indiquant des textes qui pourraient y être inséré, merci d'avance de laisser un commentaire pour me les indiquer.

 

 Mis à jour le 10 janvier 2016

29 avril 2010

Murayeurs de pères en fils

L'association "Les chemins du patrimoine", basée à Ollioules dans le Var, a organisé un atelier de restauration de murs en pierre sèche. J'ai ainsi eu, le temps d'un week-end, le plaisir de guider les premiers pas de certains des participants et de faire découvrir la technique de la maçonnerie à pierres sèches à d'autres.

 

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Les participants à l'atelier (photo Sauveur Galazzo) 

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Vue sur le rade de Toulon depuis le parc

Le lieu choisi pour la restauration est un lieu étonnant : il s'agit d'un parc paysager privé sur la commune d'Ollioules aujourd'hui à l'abandon, il a été entièrement aménagé au XIXè siècle par une famille de murailleurs, les Long.

 

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L'une des restanques du parc

Contrairement aux restanques agricoles de la région, tous les ouvrages en pierre sèche présents sur le site ont visiblement été l'objet d'une attention très particulière, et montrent un savoir faire proche de la perfection. Une fierté que l'on peut encore lire sur les pierres taillées signant les ouvrages.

 

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Signature du murailleur

Murs et calades qui dessinent le coteau sont, non seulement, en maçonnerie pierre sèche à joints vifs* très soignés, mais les pierres ont systématiquement été posées dans une recherche esthétique qui évite les lignes d'assises. Du land art avant l'heure ?

 

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Mur de soutènement de 6 mètres de haut 

Raoul Decugis, président de l'association, et curieux impénitent de tout ce qui touche à l'architecture vernaculaire, a lancé les recherches sur les Long.

Il s'agit d'une famille dont le premier ancêtre connu dans la profession, Ferdinand, Jean, André Long né en 1797 était surnommé "le murayeur", suivent une quinzaine de fils, petits fils etc, tous Long, tous recencés comme murailleurs, paveurs, maçons à pierres sèches ou tailleurs de pierre, jusqu'au dernier en activité mort en 1930.

En toute modestie, ce fut pour moi un honneur d'avoir l'occasion d'analyser la structure d'un de ces murs et de participer à la restauration d'une brèche. Ces murs sont un travail d'orfèvre.

 

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Le chantier de restauration 

 

Si vous désirez contacter l'association "Les chemins du patrimoine", acheter l'un de leurs livrets très documentés sur les petits bâtis ruraux du Var comme les fours à cade ou à chaux, les ouvrages en pierre sèche, ou sur les sentiers de randonnées, écrivez à :

Les chemins du patrimoine

à l'attention de Raoul Decugis 

348 chemin des gais Coteaux

résidence les 3 pins Bt 1

83190 Ollioules 

 

*maçonnerie à joints vifs : chaque pierre est retaillée sur toutes ses faces pour que les pierres soient ajustées entre elles sans calage.

12 juillet 2006

Si vous avez une passade dans votre mur

La passade est une " pathologie " particulière d'un mur en pierre sèche.

Elle commence par la chute des pierres du faîte du mur.

Elle est ensuite amplifiée, par le passage répété des animaux ou des hommes (d'où son nom), et par l'infiltration de terre dans le mur.

Voici comment réparer un tel mur.

 

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 Exemple de mur atteint

 

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Le désordre de face

 

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L'état de l'intérieur du mur et du drain

 

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Tout d'abord, enlever et nettoyer tout ce qui est instable et qui résulte de l'éboulement

 

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Bien creuser aussi à l'intérieur du mur, afin de reprendre le drain

 

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Ne pas hésiter à déborder vers le bas du mur et sur les côtés de l'éboulement. En effet les pierres qui semblent bien tenir sont souvent fragilisées et déséquilibrées par le désordre

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Le démontage doit être réfléchi.

Tous les matériaux doivent en être récupérés, triés et mis en tas.

Ainsi l'on mettra à part :

- les grosses pierres, les pierres moyennes et les petites, selon qu'il s'agit de pierres de façade, pierres de maçonnerie, pierres de drain, pierres de couronnement, ou boutisses.

- récupérer aussi les feuilles et déchets végétaux, garder intactes les mottes de terre, remonter la terre qui est descendue avec l'éboulement

 

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Une fois cela fait, il ne reste plus qu'a reconstruire ! (Reportez vous aux autres articles de la rubrique " Pierre sèche en pratique " de ce blogue.)

 

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Une fois le mur terminé, il est possible d'utiliser de la chaux pour sceller les pierres de couronnement si, comme ici, les pierres ne sont pas assez grosses pour stabiliser correctement le haut du mur. Le mur en sera ainsi renforcé et la passade aura moins de chance de se répéter.

Le couronnement scellé, utilisez du géotextile au sommet du mur pour éviter que la terre ne s'infiltre dans le drain. (Vous pouvez aussi à cet effet, vous servir des feuillages récupérés au sol, en tasser une bonne couche sur laquelle vous rapporterez la terre que vous avez trié lors du nettoyage de l'éboulement). Ici le mortier de chaux, en liant les pierres sur une profondeur suffisante, aura cet effet.

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Utilisez aussi les mottes de terre enherbée pour stabiliser le terrassement au sommet du mur et former le talus

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Le mur vu du haut terrassement fini

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Vue de face.

 

2 août 2006

Restauration d'un mur d'enclos

Nous sommes en Drôme provençale. L'enclos, entièrement construit en pierre sèche, protège un carré de terre à l'arrosage d'une quarantaine de mètres de côté. Un bassin en pierre millésimé du début XVIIIè indique que cet enclos fait partie d'un aménagement très ancien. Cette hypothèse est conforté par la très grande qualité de l'appareillage et l'utilisation de pierres non issues de l'épierrement des champs alentours, mais qui pourraient provenir d'une ancienne carrière située à moins d'un kilomètre du site.

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L'éboulement n'est pas encore conséquent, mais les dégâts ne peuvent que s'accélérer.

 

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De chaque côté de la passade, le mur s'effondre déjà sur un bon mètre.

 La difficulté de construction d'un tel mur réside dans le fait qu'il possède deux parements. Il faut être particulièrement pointilleux dans le choix des pierres. Le temps de travail en est donc augmenté ainsi que le coût. 

Réaliser de nos jours un tel ouvrage en pierre sèche (120 mètres de mur de 2 mètres de haut) demande de gros moyens.

Si vous possédez un tel ouvrage, n'hésitez pas à procéder à un entretien régulier, ainsi qu'aux réparations au fur et à mesure que les dégradations apparaissent.

Le reconstruire à l'identique, après un abandon prolongé, pourrait se révéler hors de vos moyens. Un entretien régulier vous coûtera très peu et vous permettra de continuer à profiter de sa beauté.

 

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La restauration du mur achevée.

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5 septembre 2005

Mur dans un lotissement à Forcalquier

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Il s’agit d’un mur de soutènement, construit avant que ne soit rapportée la terre, au milieu d’un lotissement à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence).

La mise en œuvre ne revêt aucune particularité technique particulière.

Le mur est long mais peu haut. Les pierres sorties des terrassements ne sont cependant pas évidentes à monter à sec car elles se taillent mal, et emportent, la plupart du temps, l’ouvrage vers l’avant.

Le mur délimite deux espaces : il est en limite d’un lot, sur lequel une maison est en cours de construction, et il s’inscrit également dans l’espace public du lotissement destiné à être planté en espace vert commun.

A l’emplacement du lotissement, les pierres ne manquent pas. Il s’agit d’un de ces lieux où poussaient les cabanons que l'on appelle des bories, et où il fallait retourner et ranger dix mètres cubes de pierres pour voir verdir au printemps quelques mètres carrés d’une herbe rare.

Il y a, à l’entrée du lotissement un très beau cabanon pointu, flanqué de deux grands amandiers et auquel sont accolées deux remises selon des proportions dignes du nombre d’or. Il est étonnamment mis en valeur par sa position au milieu d’un rond-point.

Un petit bout de friche du passé intouché et devenu intouchable, entouré de la nouvelle réalité goudronnée de l’espace urbain.

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UN CHANTIER COMME FORMATEUR

 Sur la plupart des chantiers, le travail de la pierre est synonyme d’espace, de silence, de solitude…

 Ca n’a pas été le cas ici : les bétonnières, le tractopelle et la radio criarde émise depuis la camionnette des placoteurs, hurlaient de concert.

L’originalité de ce projet, pour moi, tient au fait que nous avons travaillé à plusieurs. J’ai, sur ce chantier, formé mes collègues (Laurent et Angel) en leur transmettant autant que possible mes connaissances techniques.

Laurent est paysagiste : il a accepté le chantier, et n’ayant jamais pratiqué la pierre sèche avant, il a fait appel à moi pour le mener à bien. Il profite de l’occasion, ainsi qu’Angel venu donné la main, pour se former.

De mon ancien métier, je sais qu’il n’est pas de technique sans transmission. Ainsi, avoir la possibilité de la transmettre est un honneur.

En effet la technique n’est pas uniquement un moyen de faire de l’ouvrage, mais aussi un lien entre les hommes et entre les générations. Nous n’en sommes que les passeurs.

En ce qui concerne plus particulièrement la technique de la pierre sèche, il y a suffisamment de terres à retenir contre les conséquences des orages de l’été et des feux, pour que tous soient les bienvenu(e)s à la partager.

 Ce chantier m’a montré que quelques mots et des gestes appropriés, suffisent à ce qu’une personne motivée s’y mette avec intérêt, et réussisse assez vite à faire comme il faut et à y prendre plaisir.

Je partage donc avec vous les leçons de ce chantier :

La pierre sèche c’est du sérieux, il faut bosser, mais c’est un domaine qu’il ne faut pas trop mystifier : les résultats viennent très vite, à ceux qui, une fois guidés, ont envie de s’y mettre.

De plus c’est une activité solitaire qui n’exclue pas la convivialité.

Alors venez y donc nombreux !

 

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26 janvier 2008

Le drainage

Le dernier chantier réalisé me donne l’occasion de vous parler du drainage que permet la technique de la pierre sèche :

A l'arrière d'un mur de soutènement est toujours installé un drain. 
même si un mur en pierre sèche est naturellement drainant, l'eau pouvant s'écouler librement entre les pierres, un drain est cependant installé entre lui et le sol. 
Il est composé d'une certaine épaisseur de cailloutis, installée au fur et à mesure de la construction du mur lui-même. Il assure une zone tampon protégeant le mur lors des gonflements du sol, il filtre les particules de sol, et il optimise également l'écoulement des eaux.


Ici, un ancien mur de soutènement agricole a été en partie enterré et démoli lors de la construction de la maison et une résurgence  d’eau s’écoule au niveau où la roche affleure. 

L’aménagement de cette partie du terrain en pierre sèche ne va pas uniquement réorganiser les niveaux et la pente, il va également permettre de gérer les écoulements d’eau. 
D'une part par l'installation d'un drain dans le sol lui-même, puis par la construction de murs en pierre sèche qui sont naturellement drainants.

 

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État des lieux 

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Creuser la roche

Un premier drainage est installé : il est composé d’une rigole creusée directement sur la roche. Il va permettre de diriger l'écoulement vers la plate-bande et de le garder sous-terrain.

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préparer le drain

La roche ainsi creusée est protégée et augmentée d’un drain composé de cailloutis emballés dans un tissus géotextile. Ce dispositif récolte et dirige la résurgence vers le bas de la plate-bande en cours d’aménagement.

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Poser le drain

Ce premier drainage, enterré dans le sol, débouche dans le drain des murs de soutènement de la plate-bande inférieure. L’eau est ainsi dirigée au niveau sous-terrain des fondations et irrigue le sol de la plate-forme inférieure.

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L'écoulement est dirigé par le drain jusqu'aux drains des murs de soutènement

Les murs de soutènement sont alors construits, le réseau de leurs fondations complète et participe de la gestion des écoulements d'eau sur le terrain.

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1 octobre 2012

Les systèmes de rupture

Les systèmes de rupture de la structure maçonnée à pierres sèches destinés à l’entretien des ouvrages de soutènement

Exposé présenté le samedi 22 septembre 2012 à Talana (Sardaigne) dans le cadre du XIIIème congrès international sur la pierre sèche

Techniques observées sur des murs de soutènement « paysans » en France, à Ganagobie (Alpes-de-Haute-Provence) et à Fayence (Var).

 


I/ Brève analyse de la structure maçonnée des murs de soutènement en pierre sèche

Quatre règles lors de la pose des pierres :

L’assise

Le croisement

Le blocage

Le fruit

Un seul liant : le poids et les forces internes et externes au mur

Liées par les forces qui s’exercent sur les pierres, si ces règles sont respectées pour chacune, un mur en pierre sèche est une construction se comportant comme un monolithe. Une structure monolithe souple capable de rupture au niveau de chaque joint entre les pierres. Enlever une pierre de cette structure équivaut à « filer » un tissus, c’est le début de la ruine du mur (approfondir ces notions avec le support théorique d'un cours "pierre sèche").

Le rôle du drain

A l’arrière de la maçonnerie du soutènement proprement dite, est installé un drain. Il optimise la durée de vie du mur en remplissant les fonctions de :

Tampon entre le sol et le mur, il désolidarise les poussées du sol

Filtre à particules, il retarde le remplissage des joints par le sol

Drain, il évacue l’eau et assèche l’ouvrage

 

Le profil et le volume du drain varie selon les terroirs et leurs ressources en pierre (approfondir ces notions Le drain d'un mur de soutènement en pierre sèche).

Nos deux exemples ici développés son représentatifs de cette variation, de quasi inexistant à Ganagobie à surdimensionné à Fayence.

 


 II/ Il est autant de façon de construire des soutènements en pierre sèche qu’il existe de terroirs

 Si l’application des quatre règles est universelle, les ressources lithiques propres à chaque terroir s’imposent au maçon. Les pierres conditionnent les solutions techniques adéquates pour obtenir cet équilibre. Le maçon adapte donc la structure maçonnée et les divers éléments composant le mur dans le but d’optimiser la durée de vie de son ouvrage et de rendre son entretien le plus léger possible.

 


III/ Les systèmes de rupture de la structure maçonnée à pierres sèches

 Ce sont des solutions développées pour palier aux défauts induits par les ressources lithiques de certains terroirs. C'est un outil efficace pour alléger l’entretien des ouvrages de soutènement. Ils sont utilisés lors de la conception ou de la restauration des murs.

Ils ont pour conséquence de dissocier en plusieurs segments indépendants un même mur, créant des ruptures dans la structure monolithe afin d’arrêter le « filage » du mur lors de son usure.

 



IV/ Étude des systèmes de rupture de la structure maçonnée à pierres sèches destinés à l’entretien des ouvrages à Ganagobie, Alpes-de-Haute-Provence, France.

 

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Le chainage d’angle intégré

Technique pour la première fois décrite dans un article publié en août 2007 sur le site du CERAV.

Il apparait à l’analyse de ce mur que le chaînage ne renvoie pas à une étape antérieure de sa construction ou à un vestige d’aménagement mais qu’il a été la solution apportée lors de la restauration partielle du soutènement.

Cette solution permet de gérer de façon optimale la reprise d’un mur de soutènement partiellement ruiné. 

Il agit au niveau de la maçonnerie au point de rencontre entre la partie neuve et l’ancienne. En effet l’ancien mur est un facteur de fragilisation du mur nouvellement construit. Cette fragilisation est renforcée par la difficulté de croiser correctement les pierres du nouveau mur avec celles de l’ancien.

La partie neuve du mur est arrêté par le chaînage qui le désolidarise de l’ancienne. Ainsi, lors de l’écroulement ou la destruction de l’ancien morceau de mur, le mur restauré reste debout et n’est pas emporté.

 

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 Le chaînage stoppe l’éboulement en longueur…… et en profondeur.

Le chaînage permet également de gérer le raccord de fruit et le différentiel d’angle

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Il permet de travailler en sécurité lors des reprises ultérieures du mur, le mur ancien est alors démoli jusqu’au chaînage et repris sans danger d’éboulement.

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 C’est une solution simple à mettre en œuvre et très économique en temps de travail à long terme pour l’entretien des soutènements. Je la mets personnellement en œuvre lors de restaurations partielles de murs.

 


IV-a/ Deux exemples de mise en œuvre de chaînages d’angle intégrés

A Forcalquier

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  Observez le chaînage d’angle désolidarisant le mur assisé sur le roc du mur fondé sur l’arc de décharge

 

A Nyons

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Vue d’ensemble, avec à droite de la photo le mur ancien non restauré

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Détail du chaînage d’angle de rupture intégrant l’installation d’une niche

 


V/ Étude des systèmes de rupture de la structure maçonnée à pierres sèches destinés à l’entretien des ouvrages à Fayence, Var, France

 

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Les piliers de rupture

Partant du même principe de rupture de la structure maçonnée, le dispositif de pilier observé sur deux murs de soutènement à Fayence a été installé dès leur conception.

 

Ces piliers sont espacés, dans les murs observés, d’environ 5 mètres les uns des autres et sont conçus comme des points forts dans le soutènement. Ils arrêtent la ruine du mur et permettent un entretien léger se limitant à des portions ponctuelles de soutènement.

 

Par leur présence ils entrainent également la présence de chaînages d’angles dans la maçonnerie lorsque celle-ci est contigüe avec les faces des piliers, ce qui a pour effet de renforcer encore le soutènement.

Ce dispositif de pilier s’explique par la structure du soutènement. Il palie en fait à la ressource insuffisante en pierre à bâtir sur place. Les murs sont en effet des « murs gabions », maçonnés peu profondément en parement et doublés d’une grande épaisseur de drain pouvant aller jusqu’à 2m de profondeur.

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Le dispositif de drain est suffisant pour contrecarrer les poussées du sol. La fragilité des murs tient à la faible épaisseur de l’espace maçonné qui, avec l’usure des pierres, se déstabilise. Le parement tombé, le drain, qui n’est plus maintenu, coule au sol

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Le mur-drain coule

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Parement maçonné et drain profond (vue de dessus)

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Restauration du mur structuré par deux piliers

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Quelques photos du pilier observé lors de la restauration. Composé de blocs empilés de 60 cm de côté

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Autre pilier du mur

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Pilier composé de blocs plus petits, de structure maçonnée croisée

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 sur la longueur des murs on trouve également des chaînages d’angle

 


Va/ On peut observer des dispositifs de pilier ailleurs qu’à Fayence sans confirmation que l’intention du bâtisseur soit celle développée plus haut. Ces piliers confirment néanmoins leur qualité de renfort et de stabilité

 

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photo 24

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photo 25

A Taulignan (Drôme, photo 24), ce pilier structure et retient un bout de mur ruiné,    

à Nyons (Drôme, photo 25), ce pilier reste le seul vestige d’un soutènement ruiné.

 


Vb/ Pour élargir le champ d’utilisation des ruptures latérales de la structure maçonnée

Un exemple à Crevoux (Hautes-Alpes), où l’installation d’un système de clôture en mélèze structure la maçonnerie selon un dispositif de ruptures latérales.

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11 mars 2012

"Pierre sèche" versus "Béton"

Quel soutènement est le plus solide, béton ou pierre sèche ?

Il semble qu’il n’y ait pas de bonne réponse. L’un comme l’autre sont solides mais à leur façon.

Le soutènement béton est un monolithe d’un seul tenant qui retient le sol sans mouvement possible dans sa structure. Dès que la structure atteint sa limite, il casse, il part d’un coup.

 

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Le soutènement pierre sèche est lui aussi considéré comme un mur monolithe, mais avec la particularité d’une très grande souplesse dans sa structure. Chaque pierre, bien appareillée avec toutes les autres, a la capacité de jouer sans mettre en danger la structure du mur. Le mur peut se tasser, s’affaisser, glisser jusqu’à un certain point tout en restant une structure pérenne. Au pire il ne casse pas, il s’effiloche.

Jean de la Fontaine aurait pu écrire sa fable « Le chêne et le roseau » à ce propos.

 

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Mur en pierre sèche affaissé (Aigues-Vives 30)

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Mur en béton désagrégé

17 octobre 2013

Paroles de pierres

"PAROLES DE PIERRES"

Pierre sèche en Haute Provence


De Dominique Comtat
2008
Avec en supplément un entretien original de Pierre Martel (1986)

« L’agencement des pierres est la plus durable des écritures par lesquelles l’homme imprime sur le paysage la marque de son passage. Pérennité des pierres, fugacité des êtres : après que les bâtisseurs ont disparu, les pierres continuent de raconter leur histoire. Ce sont ces récits analphabètes que le film nous offre à lire. Usage, culture, savoir faire... déshérence, oubli... renouveau ? Pendant que les images dévoilent ces témoignages lapidaires, les sons font ressurgir un passé révolu. »
« LET THE STONES SPEAK»

Dry stone walling in Haute Provence

Arrangement of stone represents the most durable of all the writing which Mankind has left on the countryside. Compare the permanence of stone with the transience of living beings - after the original builders have long disappeared, the stones continue to tell their story. Such are the wordless tales which this film seeks to present us. Custom, culture, know-how, broken succession, oblivion… and then maybe renewal? As we watch these stones revealing their testimony, we also hear sounds to evoke a long bygone past.

PAROLE DI PIETRA

Muri a secco nell’Alta Provenza

«La disposizione delle pietre è la scrittura più duratura tra quelle lasciate dall’uomo nel paesaggio. Perennità delle pietre, fugacità degli esseri umani: dopo la scomparsa dei costruttori, le pietre continuano a raccontare la loro storia. Il film ci fa leggere proprio tali racconti senza parole. Usanza, cultura, savoir-faire… successione, oblio… rinascita? Mentre le immagini svelano queste testimonianze lapidarie, i suoni fanno riemergere un tempo ormai passato.

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Mis à jour le 31/07/2016

19 mars 2011

Soutènement en pierre sèche sans talus

Les projets de soutènement paysagers sont toujours destinés à soutenir un talus. Cependant, si la plupart sont construits à même un talus existant, certains sont construits avant que le sol du talus soit importé sur le terrain.

Ces deux cas de figure n’entrainent aucune différence lors de la construction de la maçonnerie du mur de soutènement en pierre sèche lui-même.

La différence réside dans la gestion et la mise en place du drain.

Le drain est composé de cailloutis non maçonnés mais tassés, il est installé entre la maçonnerie du mur et le sol que celui-ci soutient.

- il sert de tampon entre le sol et la maçonnerie

- il draine comme son nom l’indique le sol à l’arrière du mur

- il filtre les particules de terre et évite qu’elles envahissent trop vite la maçonnerie

- il évite une poussée directe du sol sur la maçonnerie du mur lors de son augmentation de volume après une période pluvieuse.

Lors de la construction d’un mur de soutènement contre un talus existant, le drain est installé à l’arrière de la maçonnerie au fur et à mesure que le mur monte. Il comble l’espace entre le mur et le talus.

 

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 Profil général du drain à l'arrière d'un mur de soutènement en pierre sèche lorsque celui-ci a été construit contre un talus existant.

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Vue d'un chantier de construction de mur de soutènement sur un talus existant. Le drain est installé au fur et à mesure entre la maçonnerie et le sol du talus.

 

Lors de la construction d’un soutènement avant l’installation du talus il n’est pas possible de procéder ainsi. Le mur est construit sur toute sa hauteur et l’installation du drain est une action totalement indépendante et ultérieure. Il en résulte un profil du volume du drain très différent. Celui-ci est alors très large au bas du mur et sa profondeur se réduit en triangle vers le haut du mur.

 

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Vue de l'arrière d'un mur de soutènement en pierre sèche construit avant la mise en place du talus et du drain

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Vue de l'ensemble d'un aménagement de soutènement en pierre sèche construit avant la mise en place du drain et du talus

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Le même aménagement une fois remblayé, notez la présence du drain entouré de géotextile

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 Contre l'arrière du mur visible sur cette photo le drain composé de cailloutis à été posé, il reste à remblayer le talus

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Profil du drain lorsqu'il est posé à l'arrière d'un mur de soutènement avant le remblayage du talus.

 

Il arrive de retrouver cette configuration du drain lors de la restauration d’un vieux mur de soutènement, cela peut indiquer que le niveau de la terrasse supérieure n’est pas « naturel » et est le résultat d’un remblai postérieur, soit par assolement, soit par apport de sol.

26 janvier 2008

Nos ronds-points ont du talent !

Nouvelle rubrique inspirée du nombre croissant de rond-points "en pierre sèche" aménagés à l'image de paysages ruraux emblématiques.

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Non loin de Collioure (Pyrénées-Orientales)

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à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence)

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à Uchaux (Gard)

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Façade de sandwicherie à Apt (Vaucluse)

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Vers Sommières (Gard)

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Avant d'arriver à Apt (Vaucluse) 

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Pagliaghju sur une bouteille de bière corse

Gris des Bauries

Etiquette de la cave taulignanaise du "Domaine Gris des Bauries".
C'est du très bon vin !

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Borie à la ciotat (13)

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Panneau d'information sur l'autoroute du ski

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Pour ne pas se tromper de supermarché

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Parfois révélateur des contre-sens de nos aménageurs "de paysage"

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pour une compagnie de bus d'Apt (Vaucluse)

 

Pour approfondir le sujet

 

- L'article de Françoise Alcaraz, "L’utilisation publicitaire des paysages de terrasses", revue Études rurales, n°157-158 Jeux, conflits, représentations, 2001, p.195-210

- Les études de Roland Pécout sur l'imaginaire de la garrigue.

- Un extrait de l'article de B. Ythier publié dans "Paysages au pluriel. Pour une approche ethnologique des paysages", C. Voisenat (dir.), ed. MSH, 1995

 

Mis à jour le  9 IV 2014.

27 juin 2008

Voyage dans le Jura

Le Jura n’a rien à envier à d’autres régions en terme de vestiges en pierre sèche. La dextérité des bâtisseurs et la variété des constructions est aussi riche que dans les autres régions où le calcaire abonde.

 

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Soutènement et vignoble à Arbois

Les murs de clôture des espaces villageois sont très soignés, même si la plupart sont construits ou restaurés au mortier, il en reste pas mal assemblés en pierre sèche. Ils sont protégés par une couverture de lauze.

 

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Mur de clôture d'un jardin à Quingey

Cette couverture est très vite colonisée par une exubérante variété de plantes rudérales qui profitent du climat pluvieux.

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Pour les clôtures champêtres, la maçonnerie est moins soignée. Les murs sont alors nommés murgés (murgers, meurgers, etc.) et quadrillent le paysage.

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Champs aux environs du Bizot


Le couronnement des murgés est constitué la plupart du temps de pierres posées à chant.

 

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Mur de clôture à Baume-les-Messieurs


Comme partout, il y a également des murs de soutènement.

 

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Ancien vignoble dans la haute vallée de la Loue


Des aménagements agricoles et paysagers.

 

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Ferme vers Baume-les-Messieurs


Des escaliers (aujourd’hui souvent en cul de sac).

 

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Escalier et haie de cyprès à Ornans


Et même des cabanes, pour les activités agricoles et pastorales.
Caborde, cabotte, cabioute, cabiolle, cancot, charçot, chavoune, loges, il semblerait qu’il reste davantage de nom pour les nommer que de représentantes qui ne soient pas en ruine !

 

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Cabane de vigne avec récupération d'eau et bassin à Boussière

 

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Cabane de berger à La Marre
(à propos de ces cabanes du Doubs)

La pierre taillée est très utilisée pour construire les murs eux-mêmes ou bien
pour arrêter un mur.

 

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Entrée de champ au Bizot


Pour réaliser son couronnement.

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Mur de clôture à Baume-les-Messieurs


Ou en dalles de pierres plantées, qui servent de cloture.

 

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Environs du Bizot


Si vous passez par là, visitez l’ancienne carrière de Baume-les-Dames, la pierre extraite a également servi à aménager toute la structure bâtie nécessaire à l’exploitation (carrières, cabanes, plates-formes de taille, zone de stockage, quai de chargement et couloir de schlittage). 
Le tout est entièrement maçonné en pierre sèche et daterait du XVI et XVIIè siècle (d'après le dépliant de O.T., mais cela reste à vérifier pour le bâti). Il est dommage que l’abri du foyer de forge ne soit pas restauré, il en faudrait peu pour en réparer la voûte en encorbellement ainsi que le foyer lui-même qui commencent à s’ébouler.

 

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Escalier intégré à la façade de l'abri carrier

 

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Entrée de l'abri carrier

 

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Détail de la porte d'entrée

 

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Vue d'ensemble, abri et plates-formes de taille


Le Franc-Comtois ne semble pas avoir reçu la pratique de la pierre sèche en héritage, de tout le périple je n’ai pas vu d’ouvrages construits récemment et tous les ouvrages restaurés l'étaient au mortier.

Mais il semble qu’il y ait de jeunes talents en herbe …

 

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Détail de l'aménagement réalisé dans les jardins des Salines 


... comme j'ai pu le constater dans les jardins des Salines Royales d'Arc et Sénans. Le mur a été construit par les élèves du lycée agricole local.

 

 Mise à jour du 17 avril 2016

J'ai écrit ces mots il y a presque 10 ans, il semble que le présent les démente. Notament avec l'édition d'un livre de Marc Forestier "Construire avec les ressources naturelles du massif du Jura" aux éditions Favre de mars 2015 que je découvre par le biais d'un ami. Une partie dédiée à la pierre sèche.


Pour les amoureux de la pierre il existe aussi un sentier de la pierre sèche et deux sentiers karstiques.
"Le sentier des pierres sèches de La Marre" débute dans le village de La Marre dans le Jura et permet de voir des abris de berger et le paysage de bocage, composé de murs de pierre et de haies (contact  "Maison du premier plateau", 39800 Bonnefontaine).
Vous pourrez aussi cotoyer des murs en pierre sèche en empruntant le "Sentier des bornes franco-suisses" (contact OT des Fourgs dans le Doubs ou de Ste Croix en Suisse)
Les sentiers karstiques sont pour l'un à Mérey-sous-Montrond dans le Doubs (le sentier Karstique du grand bois, contact mairie de Méray sous Montrond 25660), et pour l'autre à Besain dans le Jura (le sentier karstique des Malroches contact Association intercommunale du premier plateau (ASSIPP), Le Fied 39800).

20 avril 2007

Fondations sur roc

Selon les endroits où l’on construit un mur de soutènement en pierre sèche, on peut être confronté à l’assiser sur le roc. Le problème du tassement est alors éludé mais un minimum de préparation reste nécessaire.

Voici pour vous guider l’exemple d’un chantier de création d’un mur de soutènement où le cas s’est posé.

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Tout d’abord, il faut terrasser comme pour tout mur de soutènement et découvrir l’âme du mur. Lors de ce terrassement la roche est mise à nue et bien dégagée.

 

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Tendre ensuite un cordeau pour bien repérer où le mur passera. Il est inutile de creuser plus que nécessaire !

Dans 99% des cas la roche décrit une pente qui ne permettra pas au mur une assise efficace à la première rangée de pierre. Cela aura à plus ou moins long terme l’effet de la faire glisser et d’emporter votre mur avec. Il faut alors préparer la roche.

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L’idée est simple, il s’agit de creuser le roc pour dégager un plan légèrement incliné vers la colline sur lequel le mur va ensuite s’inscrire.

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Pour cela commencer par enlever toute la partie facilement débitable du roc avec une barre à mine et vos outils de taille (les matériaux obtenus lors de l'opération serviront à construire le mur. Pour bien faire, si les quantités de pierres obtenues sont conséquentes, il est conseillé de les mettre "à l’épreuve" une année afin de s’assurer qu’elles ne sont ni trop friables ni gélives).

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Lorsque la roche devient difficilement attaquable, ou que le niveau désiré est atteint, préparer l’assise du mur.

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Poser ensuite sur cette assise la première rangée de pierre qui sera alors légèrement inclinée vers l’intérieur du mur, et qui lui assurera la stabilité nécessaire.

Ce petit travail de préparation est très physique, attention au dos !

 

Outillage minimum nécessaire : pioche, barre à mine, tétu, massette et burin

(vous pouvez bien entendu aussi utiliser un marteau-piqueur mécanique).

 

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