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Un blog pierre sèche

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Ce blogue est un carnet de maçon pierre sèche (dit murailleur). Vous pouvez visualiser quelques-unes de mes réalisations, et obtenir de nombreuses informations sur la technique de la pierre sèche. C'est également un outil pour tous les auto-constructeurs.

This blog allows one to obtain and share information about dry stone. It is written in the form of a notebook of a landscape gardener and shows my projects (walls, retaining walls, calades, stairs) as well as my landscaping work.


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7 avril 2006

Structures

Article Galerie où je vous propose une exposition de parements*.

 

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Pour chaque mur réalisé, j'ai coutume de prendre une photo de sa structure extérieure appelée parement. Voici en quelque sorte mon tableau de chasse.


(* Le parement est la face visible du mur, une fois que celui-ci est achevé).

 

Chaque terroir est différent, souvent d'un côté à l'autre d'un terrain la pierre change, sa géologie, sa forme, son volume, le nombre de fois que l'homme l'a utilisé, le temps écoulé depuis son extraction....

Mille et un facteurs qui font qu'aucun mur en pierre ne ressemble à un autre.

Le résultat de tous ces facteurs, auxquels se rajoute la patte du constructeur, donne les structures toutes différentes que je vous propose de découvrir ici à travers quelques-uns des murs que j'ai montés. Notez que tous les murs ont été réalisés avec les pierres du lieu.

 

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A Seillans (Var)

 

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A Marseille, quartier Saint-Jérôme (Bouches-du-Rhône)

 

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A Marseille, quartier Saint-Antoine (Bouches-du-Rhône)

 

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A Marseille, Quartier Bompard, avec des déblais (Bouches-du-Rhône)

 

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Dans l'est du Luberon (Vaucluse)

 

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Toujours dans le Luberon, non loin (Vaucluse)

 

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A Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence)

 

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Toujours à Forcalquier. Et de deux

 

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A Forcalquier, un pierrier en attente

 

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A Forcalquier encore, n°4

 

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Cinquième et dernier sur Forcalquier

 

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A Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)

 

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A Laragne (Hautes-Alpes)

 

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A Camps-sur-l'Agly (Aude)

 

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Toujours à Camps-sur-l'Agly (Aude)

 

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A Grignan, dans la Drôme

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A La Ciotat (Bouches-du-Rhône)

 

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Avec de la marseillaise, un des caractères les plus difficiles qui soient...

 

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A nouveau à La Ciotat (Bouches-du-Rhône) avec de la pierre d'affleurement

 

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A côté de Reillane dans Alpes-de-Haute-Provence

 

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A Eguilles, près d'Aix (Bouches-du-Rhône)

 

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A Colmars-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence)



mis à jour en janvier 2008

 

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25 mars 2006

C'est le printemps

... et un petit article à la volée, une tranche de vie autour d'un petit bout de mur, en pierre sèche bien sûr !

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Ci dessus le mur en question, nous sommes en fin mars, dans le département du Var, presque limitrophe des Alpes-Maritimes.

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le même mur en début avril, les travaux avancent, les fleurs fleurissent...

 

Les plantes

 

 

Les plantes qui poussent dans les murs sont dites "rudérales".

 

Voici celles qui poussent dans ce mur :

 

La Doradille

 

En latin, "Ceterach officinarum", famille des "Aspleniaceae", aussi appelée "herbe dorée"

 

Il s'agit d'une plante officinale. Pierre Lieutaghi, dans le "Livre des bonnes herbes" (Actes Sud, 1996, p.244), la cite comme diurétique.

doradille

 

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 Ci-dessus on voit comment les racines s'inscrivent à plat dans l'interstice laissé entre les pierres.

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Début avril. Les pluies sont passées depuis un moment, les feuilles s'enroulent, la plante se dessèche et se prépare à traverser l'été.

Le Nombril de Vénus

Il s'agit ici de "l'Umbilicus horizontalis", de la famille des "Crassulaceae", une autre variété est dite "rupestris".

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presque en fleur, grâce aux dernières pluies...

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profitant du moindre trou dans la pierre.

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Ci dessus une partie du mur colonisée par les nombrils de Vénus. Nous sommes maintenant en fin avril.

L'Asperge sauvage

Il s'agit ici de "l'Asparagus acutifolius", de la famille des "Liliaceae".

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je ne vous dis qu'une chose ... elle était très bonne!

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Les racines des asperges sont profondes et charnues, elles stoquent l'eau. Le nombril de vénus, quant à lui, n'a presque pas de racines, il stoque l'eau dans ses parties aériennes. C'est cette adaptation qui lui permet d'être aussi présent dans les murs.

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La Capillaire

(Je ne peux pas vous en donner le nom latin car je n'ai pu la reconnaître de façon sûre, peut-être une personne qui passera par là pourra nous éclairer plus précisément sur cette plante. Il ne semble pas s'agir de "l'Adiantum capillus-veneris", dite capillaire de Montpellier car les pétioles ne sont pas noirs).

capilaire

Ces plantes arrivent à cohabiter, ici avec la doradille et le nombril de Vénus :

capillaire, doradille et nombril

La Garance

Il s'agit ici de "Rubia peregrina", de la famille des "Rubiaceae".

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Ce que je nommais "l'Herbe à Robert"

Merci ma tante, bien connue des élèves de sciences nat. d'Alsace et de Bretagne, pour la précision, tous les géraniums sauvages ne sont pas des "herbes à robert" et celui ci semble être un géranium rotondifolium.

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Plante très courante et qui pousse à cet endroit du mur car de la terre s'y est déposée.

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nous voici en avril et elle a fleuri.

 

Ce que je nomme " Séneçon", mais lequel ?

(merci encore de votre aide)

 

 

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La Valériane

Il s'agit ici de la "Centranthus ruber", de la famille des "Valerianaceae".

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ici en mars.

 

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début avril, en fleur.

 

La Vigne blanche

 

Il s'agit ici de la "Clematis vitalba", de la famille des "Ranunculaceae".

vigne blanche

C'est une clématite, très envahissante, si on la laisse pousser elle forme des lianes qui, soit grimpent aux arbres, soit s'étalent et etouffent toute autre végétation.

 

Une Euphorbe

Il s'agit ici de l' "Euphorbia helioscopa", de la famille des "Euphorbiacée", elle est aussi appelée l'Euphorbe réveil matin !

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Ci dessus, nous sommes en fin avril, l'alumette vous donne la taille de cette euphorbe, nanifiée pour s'adapter, survivre et fleurir sur cette petite motte de terre.

Le Fumeterre

Il s'agit ici du "Fumaria officinalis", de la famille des "Fumariacées", elle est aussi appelée Fiel de terre !

Il s'agit d'une plante officinale.

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En fleur. Début avril.

Le Lierre

Il s'agit ici du "Hedera helix", de la famille des "Haraliacées"

Il s'agit d'une plante officinale. Pierre Lieutaghi, dans "Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux" (Actes Sud, 2004, p.784) la note comme dépurative et sédative en usage interne (attention il convient de bien se renseigner avant d'en avaler, il s'agit d'une plante TOXIQUE). En usage externe, résolutif, détersif, cicatrisant.

C'est également une plante saponifère.

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Ici une jeune pousse où des fourmis ont mis quelques pucerons à pâturer.

 

La Mercuriale

Il s'agit ici de la "Mercurialis annua", de la famille des "Euphorbiacées"

Il s'agit d'une plante officinale, elle aussi TOXIQUE.

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elle n'est pas ici tout à fait dans son élément, elle préfère s'épanouir dans une bonne terre arrosée de jardin.

 

Ce que j'appelle "l'Orpin"

Il s'agit ici du "Sedum spathulifolium 'cappa blanca' "

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Le Sedum

Il s'agit ici de "Sedum sediforme" dit aussi "Sedum nicaeence", de la famille des "Crassulasseae".

 

sedum

 

 

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il est ici associé sur la même pierre avec les grands absents de mon article, car je ne peux pas vous en donner, non seulement le nom en latin, mais aussi en français :

Les Lychens et les Mousses

 

lychens


 

Nous sommes maintenant en fin avril...

Deux nouvelles plantes s'imposent dans cet article par une belle floraison.

L'Iris

 

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C'est l'une des plantes les mieux adaptées pour le haut d'un mur en pierre sèche.

Elle peut aussi être considérée comme une plante technique. En effet ses tubercules et ses racines retiennent la terre des talus et remplacent aventageusement le géotextile du haut du mur.

Une Saponaire

Il s'agit ici soit de la " Saponaria Calabrica" soit de la "Saponaria ocymoides", de la famille des "Caryophyllaceae". Mes flores et mes connaissances botaniques ne me permettent pas d'aller plus loin dans la reconnaissance.

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Tout début mai, sur le mur exposé au sud, c'est déjà l'été, une dernière fleur

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Il s'agit ici de l' "allium roseum" de la famille des "liliacae".

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  Mis à jour le 8 mai 2006.

24 octobre 2005

Mur de soutènement à Forcalquier

Voici quelques photos du petit dernier :

 

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Le mur soutient la terre du terrain du dessus dans la zone des jardins à Forcalquier.

 

 

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L'intérêt du travail a consisté a reproduire l'aspect des murs de pierre environnants.

 

 

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Les impératifs tels que la quantité de pierre, la pente, les murs existants...

 

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... ont donné à ce mur sa forme courbe, son pilier, et son aspect général.

 

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Détail de l'assemblage des pierres :

 

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20 octobre 2005

Mots et murailles

Dans cet article en chantier, quelques textes littéraires et autres oeuvres où l'homme cotoie, pense et utilise la pierre, et plus particulièrement la pierre sèche.

 

"Seules les pierres, pense la mort, seront longues à mourir"

 

Andrée Chedid

 

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«  On grimpe par les zig-zags d’un sentier vénérable, tantôt parmi la sécheresse de rocs brûlés, tantôt dans la pénombre de pauvres oliviers moins majestueux que partout ailleurs, (…),la chaleur cuit.(…) Un peu de terre est parfois retenue sur cette brusque chute de rocs et il faut tout un mur pour qu’un triste olivier végète ».

Louis Cappatti dans l’article : Peillon, Revue Nice Historique, 1924, p16.

« Sur les coteaux abrupts, l’homme, péniblement, a construit de solides murs en pierres sèches que le temps à vêtu de mousses et de grisaille, afin de retenir les quelques pelletées de terre meuble qu’il a jeté sur la roche compacte ou sur l’aride pierraille ».
Pierre Isnard, cité par Louis Cappatti dans l’article : A propos de l’Armanac Nissart, revue Nice Historique, 1928, p. 24. 

 
« Quelque chose craque encore dans la toiture faite de poutres et de grosses pierres plates, qui s’élevait obliquement au dessus d’eux et n’avait qu’une seule pente, le chalet étant adossé à un ressaut de roc qui remplaçait le mur du fond. (…) quelque chose craque dans la toiture, c’est que les dalles d’ardoise, étant exposées pendant le jour à la chaleur du soleil, sont fortement dilatées par elle, puis, le soir venu et le froid, se rétractent, faisant des mouvements soudains et espacés, comme si on marchait sur le toit. » p. 12
 
 « On entendait de temps en temps le tintement d’une clochette au cou d’une chèvre quelque part dans les environs. Les chalets étaient de ci de là répandus. C’est des cabanes en pierre sèche. Une des pentes de leur toit était tout enneigée de lune, l’autre se confondait avec l’ombre qu’elle projetait sur le sol. » p. 16 
C.-F. Ramuz, dans le récit: Derborence, éditions « ne varietur » pour « La Guilde du Livre », Lausanne, sans date.

Toujours de Ramuz, cette fois ci dans "Si le soleil ne revenait pas" éditions marabout, Verviers, 1978
"Oui c'est qu'il y a le lac. oh c'est raide là-bas, c'est encore plus raide qu'ici. C'est une côte au bord de l'eau, c'est comme un coté de baignoire, ça a deux cent mètres de haut. Et la terre n'y tiendrait pas toute seule, mais ils ont fait partout des murs qu'ils ont mis les uns au dessus des autres, qui la soutiennent; et où ils cultivent la vigne avec des faussoirs, remontant chaque hiver dans des hottes la terre qui est descendue.

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"Il regarde avec stupeur passer les tourbillons de l’orage et se laisse gagner peu à peu par le sommeil, précurseur de la mort. (…). Dans quelques mois lorsque la neige aura été fondue par la chaleur (…) quelque chien de pâtre retrouvera le cadavre et pas ses aboiements effrayés appellera son maître".

"Autrefois les débris humains trouvés dans la montagne devaient reposer à jamais à l’endroit où le pasteur les avait découvert. Des pierres étaient entassées sur le corps et chaque voyageur était tenu d’ajouter son caillou au monceau grandissant. Maintenant encore, le montagnard qui passe à côté de l’un de ces tombeaux antiques ne manque jamais de ramasser sa pierre pour en grossir le tas. Le mort est maintenant inconnu, peut-être même est-il resté toujours inconnu ; mais de siècle en siècle, le passant ne cesse de lui rendre hommage pour apaiser ses mânes".

RECLUS Elisée, Histoire d'une montagne: Gollion-CH, édition infolio, collection Archigraphy poche, 2011, 207p


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Si aujourd'hui, dans nos contrées, construire en pierre sèche est un acte souvent esthétique, comme partout ailleurs, à l'époque où le caddie n'existait pas, il était dicté par la nécessité pour l'homme de s'adapter à son environnement en utilisant au mieux les matériaux et les ressources qui l'entourent.

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Le film de Wang Quan An, Le mariage de Tuya, interprété par la superbe Yu Nan, prend pour décor l'environnement paysan de la province de la Mongolie Intérieure en Chine. Vous y verrez, encore en vie et en état de marche, des structures et des constructions en pierre sèche, le tout vibrant de lumière et de sentiments. 

 

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La chanson du murailleur

Le silence des mots, obscur et lent empilement de signes,
comme l’odeur de la pierre sur mes mains de retour le soir, 
au bout du mur,
est un lieu rond où je me rends, patient, visage buriné, 
écrit sur toutes les faces,
où s’ouvrent toutes les portes et qui les condamne toutes.
Le silence des mots
au bout du soir, le labeur terminé,
il est juste derrière
ce n’est pas un secret
c’est le seul lieu où je ne suis plus seul.

Louis Cagin I/05


Trois extraits, souvenirs de jardinier, trouvés dans "calendrier perpétuel" D'ernst Jünger, (Bruxelles 2006, Artgo éditeur)


"27 juin 1967: La petite économie. Dans la cour de devant les joints d’entre les pavés sont remplis de pâquerettes. En retournant le jardin, on découvre sans cesse de nouvelles pierres : il faut les exhausser. Je les réunis en un tertre, le couvre de terre et y plante de la mousse. Il commence à fleurir, la décharge s’est changée en un lieu charmant. Les algues fleurissent elles aussi ; le marbre des pierres tombales se teinte de rouge. »

"16 septembre 1970 : Le printemps humide a tout fait monté en tige : La mousse du tertre, les coloquintes, les zinnias.(…)" 

« 6 septembre 1972 : Sous la tonnelle, un jeune hérisson, qu’Indra (ndl : le chat)  a flairé et qui n’a pas tardé à disparaître.Ces petites créatures savent se dissimuler dans les jardins comme peu d’autres.Mais quels habitants ou quels visiteurs ont-ils élu mon tertre de pierres, que j’avais si richement couvert de mousse verte et qui a maintenant l’allure d’une ruine ?"


Philippe Jaccottet dans le recueil poésie à la nrf

Poids des pierres et des pensées

Songes et montagnes
N'ont pas la même balance

Nous habitons encore un autre monde
Peut-être l'intervale.
 
Paul Celan (recueil "De seuil en seuil" p. 71) "Et la beauté"


Et les pierres que tu as entassées,
Que tu entasses,
Vers où jettent elles les ombres et jusqu'où ?
Et le vent qui les effleure;
et le vent dérobe-t-il une ombre à ces ombres,
la met-il à tes mesures ?"

"Und die Steine, die du haüftest, die du haüst : wohin werfen sie die Schatten, und wie weit ?  Und der Wind, der drüber hinstreicht, und der Wind : rafft er dieser Shatten einen, miSt er ihn dir zu ?"
comme incitation de l'heure


Toujours Paul Celan, mais cette fois ci dans le recueil "Grille de parole" p.47

Nuit
Cailloux et galets.

Et un éclat de verre, grêle
Echange d'yeux, enfin, à contre temps :
résistant à l'image
devenu bois
la rétine
en signe d'éternité.
Pensable :
Là haut, parmi les travées du monde,
Stellaire,
le rouge de deux bouches.
Audible (avant l'aube?) :
une pierre, qui prit une autre pour cible


Trois derniers: 
"Quelle que soit la pierre que tu lèves."
 
Quelle que soit la pierre que tu lèves -
tu découvres ceux qui ont besoin de la protection des pierres
nus,ils renouvellent maintenant le tressage.
Quel que soit l'arbre que tu abats -
tu menuises le cadre du lit sur lequel les âmes de nouveau s'agglutinent
comme si, lui non plus, il ne tremblait pas,
cet éon.
Quel que soit le mot que tu dis -
tu rends grâce à perte et péril
Dans le recueil "renversé du souffle"
 
Dans les fleuves, au nord du futur,
je lance le filet que tu alourdis,
hésitant,
d'ombres écrites par des pierres
La Halde (Dans le recueil "De seuil en seuil)
 
Tu vis à côté de moi, comme moi
comme une pierre
dans la joue creuse de la nuit.
O la halde bien aimée,où nous
Roulons sans cesse,
Nous pierres,
de rigoles en rigoles,
Plus rondes à chaque fois,
Plus semblables, plus étrangères.
O cet oeil ivre
qui comme nous erre alentour,
et qui parfois, surpris,
nous voit en un.

Lu dans "La Raison", de Pascal Quignard, biographie de Porcius latron (-57, -4 AJC), Edition le promeneur, Paris, 1990, un paysage antique en quelques extraits: 

"C'est à peu près dans ce temps là qu'il souhaita s'éloigner du Viminal et des collines les plus urbaines (note de lecture :  nous  sommes ici à Rome en -24), Il trouva à se rapprocher du Tibre (...). Il ne voulu qu'une cabane de pierres plates sans mortier, avec deux pièces sans fenêtres. (...). Il mit deux ans à faire recouvrir la cahute de tuiles neuves et jaunes (...) le sol était sans pavement, il mettait des tapis de laine sur le sol pour s'asseoir."

"L.J. Gallion devint sénateur, Porcius Latron ne devint rien. Sur le bord de la rive, devant la cabane de pierres sèches, les inondations et la pluie avaient mis à nu des gros caïeux qui sortaient de terre. derrière la maison il y avait un bois d'olivier et un champ planté de froment moissonné.(...) plus loin s'étendaient la vigne et la plaine."

"Auguste citait volontiers ce mot de Porcius : ' Mon corps est un ru de boue qui n'est pas continu. Ma demeure un amas de cailloux qui tient debout par hasard. Ce que j'ai inscrits ce matin sur mon morceau de buis est moins personnel que ce que la bave lumineuse de l'escargot a noté sur sa feuille de laitue.' "


Dans "La gloire de mon père" de Marcel Pagnol :


"Cependant mon grand-père, qui n’était pas « monsieur l’aîné », n’hérita pas de la cartonnerie et il devint je ne sais pourquoi tailleur de pierre. (…) Il me parlait souvent de son métier ou plutôt de son art, car il était maître appareilleur".

Il n’estimait pas beaucoup les maçons : « Nous disait il, nous montons des murs en pierre appareillées, c'est-à-dire qui s’emboîtent exactement les unes dans les autres, par des tenons et des mortaises, des embrèvements, des queues d’arondes, des traits de Jupiter… bien sur nous coulions aussi du plomb dans les rainures, pour empêcher le glissement. Mais c’était incrusté entre deux blocs, et ça ne se voyait pas ! Tandis que les maçons ils prennent les pierres comme elle viennent, et ils bouchent les trous avec des paquets de mortier … Un maçon c’est un noyeur de pierres, et il les cache parce qu’il n’a pas su les tailler. »

Plus loin lorsque le petit Marcel s’est perdu en voulant suivre son père à la chasse… « Je découvris une sorte de hutte conique, faite de pierres plates, et très ingénieusement disposées. Chaque rang circulaire avançait vers le centre, de la largeur d’un doigt, si bien qu’au sommet, les cercles diminués à chaque étage, finissaient par se rejoindre. Le dernier laissait un vide grand comme un assiette, qui était couvert d’une belle pierre plate. La vue de ce refuge me rappela ma triste situation. (…) Je n’y entrais pas tout de suite (…)A travers le trou qui servait d’entrée, je plongeais un rameau de pin, que j’agitai dans tous les sens, en proférant quelques menaces. Le silence me répondit. Avisant une meurtrière, j’examinais l’intérieur. Il n’y avait rien si ce n’est une couche d’herbes sèches, sur laquelle un chasseur avait du dormir. Je me glissai dans la hutte que je trouvai fraîche et sûre, là du moins je pourrai passer la nuit à l’abris des fauves nocturnes mais je constatais avec inquiétude que le trou d’entrée n’avait pas de porte !… J’eus aussitôt l’idée de réunir un bon nombre de pierres plates et de le boucher par un petit mur (…).Première déconvenue, il n’y avait pas une seule pierre plate autour de la hutte. Où donc le berger avait il trouvé celles qui lui avaient servi ? Je compris dans un éclair de génie qu’ils les avaient prise là où il n’en restait plus. Je n’avais qu’à chercher plus loin, ce que je fis avec succès… Pendant que je transportais ces matériaux –qui m’écorchaient les mains- je pensais : « pour le moment personne n’a d’inquiétude. Mais quand ils (les chasseurs, le père et l’oncle de l’enfant Marcel) vont rentrer quelle catastrophe. Maman va peut être s’évanouir ! En tout cas elle va pleurer. Sur quoi je me mis à pleurer moi-même, tout en serrant sur mon ventre écrasé une pierre parfaitement plate, mais qui pesait autant que moi. »


La BD de Baudoin, "Couma aco", éditée par "l'association" parle d'un grand père murailleur... 

Toute l'émotion que l'on éprouve à construire un mur en pierre sèche est résumée en quelques dessins.

Baudoin 01


"Est-ce le mur qui tient l'arbre ou le contraire?
et les racines, jusqu'où vont-elles?
je ne sais pas. Des hommes ont habité là. Quand je frappe avec ma serpe sur les ronces qui effacent les chemins, je sens ces hommes dans mes bras."

Baudoin 02



" Là couma aco es béu!"

Dans "Le Fleuve Alphée", de Roger Caillois aux éditions Gallimard, 1978

"Elargissant sans cesse le cercle d'une solidarité qui me diluait au plus lointain de moi même, j'en vins à rencontrer dans les pierres la récompense souhaitée. Elles se révélèrent peu à peu comme un album gigantesque. Situées à l'extrême de la taciturnité, elles étaient placées du même coup aux antipodes de l'homme et de la pensée. Je les devinais contenir en leur masse impassible et perdurable la totalité des transformations possibles de la matière, sans rien en exclure, ni même la sensibilité, l'intelligence, l'immagination."

"Subsistent les pierres qui sont un monde à elles seules; peut-être qui sont le monde, dont tout le reste, l'homme le premier, sommes excroissances sans durée."
 
"Dans le même temps je cherche à donner à mes phrases, même transparence, même dureté, si possible, -pourquoi pas?- même éclat que les pierres. (...) Les pieres, présentes à l'origine des choses, se confondent avec les choses mêmes. Et rien d'humain qui ne leur soit irrémédiablement étranger. Elles subsisteront dans l'espace sidéral après l'universelle et l'inévitable dissolution. Les vestiges d'un parasite d'un jour ne seront plus que trace dans l'épaisseur des pierres. Fossile pour personne.
Je laisse les images m'assaillir, prolonger la pierre, (...). Je n'attends pas d'accéder à quelque révélation. C'est une simple pierre que j'ai toujours sous les yeux. Qui ne me dévoile pas le moindre secret.(...) Je ressent un calme bonheur. Je me trouve récompensé, (...). Je reçois la confirmation d'un savoir que je ne savais pas m'appartenir."


Dans "Respirer l'Ombre" de Giuseppe Penone, aux éditions E.N.S.B.A, 1999-2004

"La pierre attend les mouvements végétaux. Elle est comme un fragment de mer. Elle a la même valeur visuelle que l'eau qui inclue les récifs et lèche la côte mais, contrairement à la mer, c'est elle qui est peu à peu enveloppée par l'expansion lente et fluide du végétal"

"La capacité qu'ont les pierres de se soulever du sol ressemble à celle des albatros qui, grâce à l'envergure de leurs ailes, exploitent les courants ascendants de l'air,"

"Une pierre qui se lève de terre sous l'effet de la pluie, de la rosée. Une pierre qui vit les variations de l'humidité du milieu où elle se trouve est une sculpture en plein air. La corde végétale qui attache la pierre, rétrécit avec la pluie et la soulève."


Trouvé par un ami dans le "Journal de bord" de Pierre Guyotat, qui résume en quelques mots le conte de "Jean des pierres".
(Ce conte d'origine bretonne, raconté par Pierre Jakez-Hélias "Les autres et les miens" a récemment été repris par J.Y. Royer dans une version "murailleur provençal" et chanté par Renat Sette, et également joué par Roger Pasturel.

"Un soir de tempête, il était couché avec sa femme, mais il ne pouvait dormir. Il se retournait sans cesse dans son lit. Tout à coup, à sa femme: "Il faut que j'y aille, j'entend une pierre qui souffre, elle m'appelle!". Le lendemain matin on l'a retrouvé mort. Le mur s'était écroulé autour de lui, mais aucune pierres ne l'avait touché dans sa chûte. Il serait sur son coeur la pierre qui souffrait."


Un autre conte, mettant en scène lui aussi le carractère d'un murailleur. Il s'agit de "La Grande muraille", de Claude Michelet édité en 1981 aux éditions Robert Laffont. Firmin y hérite d'une parcelle de pierre, il passe sa vie à en faire un jardin, clos d'une monumentale muraille maçonnée à sec.

"Je suis le riche propriétaire d'une pièce que personne n'a jamais pu cultiver et que personne ne cultivera jamais car les cailloux cachent la terre"
"Les hommes s'étaient servis du lieu pour se débarrasser des innombrables pierres ramassées dans les champs. A la base des tas c'était les gros moellons, ceux qu'on enlève lorsqu'on décide de défricher une pièce. Et puis peu à peu par étage le volume des quartiers diminuaient. Les tas étaient couverts de petites caillasses grosses comme le poing que des générations de femmes et d'enfants avaient glannées derrière les herses."
"Une belle muraille, pas avec des pierres en vrac mais avec des pierres que je rangerai et chacune aura la place qu'elle devra avoir"
"Un quartier monstrueux, d'au moins quatre quintaux l'occupa pendant plusieurs jours car il voulait coûte que coûte que ce rocher prenne place dans les fondations"
"La muraille atteignit un mètre ciquante de haut. A sa base une large bande de terre rouge, mis au jour par l'enlèvement des pierres se fendilla sous le soleil."
"Et la muraille s'éleva, belle, majestueuse. Elle s'étira peu à peu comme un long reptile blance. Derrière sa tête monstrueuse, couverte d'un jardin fleuri,elle déroula son corps en une courbe douce qui épousa la forme du champ."


Gérard de Nerval "vers dorés"

"Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres"


Une saison en enfer, Arthur Rimbaud

"Si j’ai du goût, ce n’est guère
Que pour la terre et les pierres.
Je déjeune toujours d’air,
De roc, de charbons, de fer.
 
Mes faims, tournez.
Paissez, faims, Le pré des sons.
Attirez le gai venin
Des liserons.
 
Mangez les cailloux qu’on brise,
Les vieilles pierres d’églises ;
Les galets des vieux déluges,
Pains semés dans les vallées grises "


Un texte de André Frénaud

"Plainte du dernier restanquère

Dans la Provence et les montagnes
Allant de commune à commune
Avec mes mains pour seuls outils
j'élève et je maintiens les murs.
Le sol en pente, je l'arc-boute
Pour l'établir en terre ouvrable.
Cet art si beau qu'on m'a transmis
C'est l'architecte de la terre
Je suis compagnon Retanquère.
J'étais car tout ça c'est perdu. "


"Qu'est-ce donc qu'être quand on ne sait pas ce que l'on est ?
- Être, comme la pierre. Un lieu, rien d'autre."

Fernando Pessoa


"Tout change, quoique pierre"

Monet


"Je voudrais visiter les nuages et saluer les pierres"

Yuan Hongdao
In ' Nuages et pierres' édition Picquier poche


Dans apprendre à parler à une pierre d’Annie Dillard, éditions Christian Bourgeois

« Il y a un homme la trentaine qui habite seul avec une pierre à laquelle il essaie d’apprendre à parler (…) c’est un galet de plage, ovale, grand comme la paume, dont le gris sombre est strié par une bande de blanc qui court tout autour (…) une de ces pierres que nous appelons pierre à souhaits, pour des raisons obscures mais pas inimaginables, je crois. »

 

« Il la garde sur une étagère. D’habitude, la pierre est protégée par un carré de cuir brut, tel un canari endormi sous sa couverture. Larry ôte la couverture pour les leçons de la pierre (…). »

 

« Nous sommes ici pour être témoin. Nous ne pouvons rien faire d’autre avec ces matériaux muets dont nous n’avons pas l’usage. D’ici à ce que Larry apprenne à parler à sa pierre, d’ici à ce que dieu change d’avis ». « Nous pouvons mettre en scène notre propre action sur la planète – construire nos villes sur les plaines, construire des barrages sur les rivières, ensemencer ses terres fertiles –mais notre activité signifiante couvre bien peu de terrain. »

 

« Le silence est tout ce qu’il y a, l’alpha et l’oméga. Dieu planant sur les eaux, les notes mêlées de dix mille choses, la plainte des ailes (…) » 



Une pierre sur l’autre 

Passent et repassent 

Le jeu des perspectives 

Le choix des volumes et des formes

  

Perdu dans le détail 

A faire tenir debout le hasard 

L’attention en grand écart à l’horizon 

Sur le fil tendu de la tâche

  

Au centre ‘le beau’ 

La matière que j’agis 

Et qui me laissera passer,

 

Immobile,

 

Nourrie de mes gestes 

Tels qu’ils l’ont laissée

 

Là 

Où je ne puis rester.

 

L. Cagin, les chansons du murailleur


La grotte aux lotus

« Les pierres de la grotte sont belles à croire qu’elles sont vivantes, encore plus parfaites que si elles avaient été sculptées.

J’aime a le répéter, les collines des environs ont une ossature de pierre sous un épiderme de terre, elles sont creuses à l’intérieur et ouvertes de tous côtés et leur relief s’est enhardi au fur et à mesure que l’on en a extrait des pierres.

(…) Si la montagne laissait mieux voir son ossature, quelle ne serait pas sa merveilleuse beauté ? »

Yuan Hongdao
In ' Nuages et pierres' édition Picquier poche
 


Trouvé dans "Jean le Bleu" de Jean Giono, edition Grasset 1932

"Les allées étaient pavées de petits cailloux plantés de champ. Soeur Dorhotée était la paveuse. On la trouvait toujours, et toujours tout à coup, accroupie dans une bulle d'ombre. Elle alignait ses petites pierres en des arcs de cercle dont la largeur du chemin ne laissait apercevoir qu'un segment: le segment visible et paisible abrité par le couvent. Le reste du cercle s'en allait en fumée dans le jardin, dans le monde là bas, loin, loin, au delà des murs et des collines qu'on apercevait un peu, et dieu seul sait par où il s'en allait tourner avant de revenir dans les mains de soeur Dorothée."

 



Avec leurs mains sur leur tête
ils avaient monté des murettes
jusqu'au sommet de la colline

Jean Ferrat



Pierre à pierre, le silence

Une saison de gel
sauvera nos derniers mots

Jean-Claude Izzo, L'aride des jours, editions Librio 2001


"Si tu me dresses un autel de pierre, ne le bâtis pas de pierres taillées, car à les tailler au burin, tu les profanerais".

Exode (20, 25)



"C'était, là-bas, dans l'ouest de la Cornouailles, une matinée blanche, immobile, au milieu de l'aspect primitif de la lande et des énormes blocs de granit qui faisaient saillie hors de terre. On comprend et facilement que les hommes adorent la pierre. Ce n'est pas la pierre. C'est le mystère de la terre, puissante et préhumaine qui montre sa force".

D.H. Lawrence, Kangourou, editions Gallimard


"Devant la montagne un rocher est constitué d'innombrables fragments de pierres, aérolithes créés par le vent, quartz créés par la terre, pierres ponces créées par la mer, cendres crées par le feu, fragments ressoudés au long d'une succession d'âges si infinie que la pensée ne peut le concevoir"

Liu Tong, in "les paradis naturels", Jardins chinois en prose, éditions Picquier poche


"Se glisser dans la texture des pierres
Pénétrer la trame des murailles"

Andrée Chedid, recueil "Au coeur du coeur"

 


Le site de Pierre d'Iris propose une sélection de textes écrits à partir d'une inspiration liée à la pierre sèche.

 



Vous êtes passés par ici, n'hésitez à faire vivre cet article en indiquant des textes qui pourraient y être inséré, merci d'avance de laisser un commentaire pour me les indiquer.

 

 Mis à jour le 10 janvier 2016

6 octobre 2005

Pierre à pierre et pas à pas

Par cette suite de photos, prises lors du chantier du mur de soutènement dans le Luberon, j'espère vous faire partager un peu de technique :

 

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Notez que les parpaings ne sont là que provisoirement. Ils ont été installés lors de l'apport de terre afin d'éviter que celle-ci ne glisse avant la construction du mur.

 

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21 septembre 2005

Réalisation d'un escalier en pierre sèche

Nous sommes dans les environs de Forcalquier, il s’agit d’un jardin en restanques dont l’accès aux niveaux supérieurs est difficilement praticable et fort dégradé.

Le commanditaire désire conserver l’espace " dans son jus ", tout en privilégiant le côté esthétique d’un aménagement paysager. Les terrains sont agricoles, oliveraies et jardins potagers, à l’arrosage et exposés plein sud.

 

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photo avant travaux

Après estimation, il s’avère que le lieu regroupe suffisamment de matériaux et de pierres.

Je propose donc, un aménagement de l’accès aux niveaux supérieurs par un escalier construit selon les techniques de la pierre sèche.

 

 

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Les premières pierres

Je décide de n’utiliser ni cordeau, ni niveau, ni règle, et de ne me fier qu’à l’œil pour les lignes, et à mes pas pour définir le confort d’utilisation de l’ouvrage.

Je vais lors de cette réalisation aller au bout de cette attitude. Cela va me permettre de parfaire une technique particulière, qui s’avère être très adaptée à certains aménagements et qui libère de certaines contraintes techniques.

Dans le cas présent, cette attitude va me conduire à épouser la physionomie du lieu, m’adaptant à celle-ci à chaque nouvelle marche pour y inscrire l’escalier et les murs qui le soutiennent.

Le travail fini résulte ainsi autant du lieu que de mon intervention.

C’est, me semble-t-il, la condition qui a permis à l’ouvrage une telle intégration dans l’espace.

Une fois le niveau zéro déterminé, commence le décaissage de l’emplacement du futur escalier.

Je commence le travail de construction par la réalisation d’une calade qui tiendra lieu de seuil à l’ouvrage.

 

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Les pierres suivantes

Chaque marche est profondément stabilisée dans le talus, et je calade le dessus des premières marches, ce qui a pour effet de les renforcer un peu plus par un effet de voûte.

Le mur est monté en même temps que progresse le niveau de l’escalier .

La terre décaissée est stockée plus loin au-dessus de l’ouvrage. Elle sera redescendue lorsque les nouveaux niveaux auront étés créés.

Les gravats, cailloutis et pierres tamisés de la terre sont utilisés pour la construction.

Dans le cas d’un mur de soutènement, la technique de la pierre sèche consiste en fait en un rangement précis et méticuleux des divers éléments que propose un site :

Une face visible du mur, dite parement, utilise les pierres dont la face est plate et l’assise stable.

Ce parement cache en fait une structure plus complexe : l’intérieur du mur.

Les pierres de toutes tailles y sont rangées le plus à plat possible, selon les lois de la gravité afin de surtout bien se caler les unes les autres.

Encore derrière, des gravats et cailloutis protègent le plus longtemps possible l’ouvrage des infiltrations de la terre, de la poussée de l’eau… il s’agit de ce que l’on nomme le drain.

Ce n’est qu’après ces différentes épaisseurs que l’on arrive enfin à la terre.

 

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Etape suivante

Le traitement des marches supérieures s’inspire du pas d’âne. En effet, elles sont très larges, on y fait au moins deux pas et elles s’inscrivent dans la pente permettant ainsi une transition entre l’escalier et le chemin qui mène à la restanque du dessus.

Le chantier avance et monte le long du talus.

Il se finira par la construction d’un solide mur de soutènement qui relie l’ouvrage à un vieux mur que le figuier écroule et retient en même temps.

C’est dans ce mur, et pour ne pas prendre le risque de la déplacer, que j’ai aménagé une voûte pour garder un pied de vigne poussé là où passaient les fondations.(photos de détail).

Le chantier a été réalisé en autonomie totale, à l’exception de la fourniture de quelques belles pierres pour finaliser les marches.

 

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C'est fini.

En matériaux : Aucun en dehors des pierres et de la terre du lieu.

En outillage : 1 pelle, 1 pioche, 1 tétu, des seaux, l’œil et le pas.

 

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Photos de détails

 

 

 

20 septembre 2005

Rocaille en déblais

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Création d’une rocaille

Le jardin se situe dans les quartiers sud, à Marseille, au fond d’une impasse où l’on n’accède qu’à pied ou en scooter. Pour corser le tout, l’impasse est en pente très raide sur au moins deux cent mètres.

Du coup, au fond du jardin, là ou le regard ne porte pas, les gravats et les déchets des travaux se sont accumulés.

La situation ne date pas d’hier, le tas est gigantesque, et malgré son ancienneté il n’est vraiment pas esthétique, et prend dès le mois de mai la couleur uniforme d’une paille mal rasée.

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L’idée est de ne pas avoir à déplacer le tas, et de permettre le réarrangement de cet espace en l’intégrant au reste du jardin. La solution doit exclure toute idée de transport !

Je propose d’utiliser le tas comme je traiterai un talus dans le but de construire un ouvrage en pierre sèche.

Au tri des pierres, se substitue alors celui des gravats.

Naissent ainsi, comme pour la pierre, plusieurs tas de gravats triés selon des considération de forme, de taille et d’utilité pour la construction du futur ouvrage.

Afin de minimiser le volume de travail je traite le tas de la même façon que je l’avais fait pour le talus lors de la construction d’un escalier dans la région de Forcalquier (dont vous pouvez aller consulter l’article sur ce blogue). Cette méthode permet de structurer un volume ou un terrain en pente, en réduisant le terrassement à un simple travail de pioche, effectué au fur et à mesure de l’avancée du chantier.

Grâce à cette technique, le décaissage d’un espace permet la construction de celui qui vient d’être préparé. Le stock des gravats issus du tri est simultanément consommé et renouvelé évitant ainsi l’encombrement du chantier.

L’autre effet de cette technique réside dans le volume qui en résulte, le lieu participant à son aménagement. L’intervention ne touche pas à la stabilité propre du lieu et y prend appui, évitant les surprises de terrassement et les lents tassages des terres rapportées.

Le tas de gravats va ainsi être ceinturé de mini-murs de soutènements qui naissent et meurent selon les courbes et les volumes.

La structure ainsi créée dessine des restanques et organise les matériaux afin de recevoir ensuite les végétaux.

Une face du tas a été creusée pour permettre le stockage et l’élimination de la plus grande quantité possible de déchets végétaux par compostage.

L’autre face, plus visible, devient une grande rocaille.

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La rocaille est désormais plantée :

Pour les gros sujets : deux arbousiers, un tabac glauque, un genêt.

Pour le reste : Iris, Yucca, orpin, joubarbes, valériane, euphorbes, des ficoïdes et des cactées.

De très belles fleurs y ont généreusement fleuri ce printemps. Elles se sont naturellement implantées, profitant certainement de l’aération du sol que l’activité à généré. Après recherches il semble qu’il s’agit de " crépides (tolpis barbata) "

 

Photos d'un autre aménagement que j’ai réalisé dans ce même jardin.

 

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5 septembre 2005

Aménagement paysagé à Camps

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Aménagement d'un espace rural

La pierre sèche ne se résume pas à un aménagement paysagé, à un ouvrage pour faire beau ou pour retenir la terre, ni à un phénomène de mode.

C’est une technique de construction qui nous fait participer à l’organisation globale d’un lieu. Mise en œuvre avec la seule utilisation des matériaux présents sur le site, et en se référant au contexte d’une économie de subsistance, elle permet de créer un aménagement qui se confond avec le lieu où il s’inscrit.

Elle génère alors dans l’espace une variété multiple de "terroirs ", une garantie de diversité, et l’assurance de "friches " stables, au sens où l’a étudié le paysagiste Gilles Clément.

Ce chantier, parce qu’il a été réalisé il y a vingt ans, illustre cela

C’est mon premier chantier en pierre sèche digne de ce nom. Il est situé sur la propriété familiale et a duré deux bons mois. Il s’agit d’une remise en exploitation, pâtures et terre à l’arrosage, de parcelles abandonnées.

 

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La pierre sèche est l’élément structurant du lieu. Le choix de cette technique m’a permis d’aménager l’espace seul, avec uniquement des outils manuels, et sans entretien préalable des voies d’accès pour les véhicules.

Aujourd’hui encore, ces ouvrages en pierre sèche organisent toujours le lieu, le drainage, le soutènement, la clôture, etc.

Le cadastre indiquait que nous possédions quelques parcelles isolées dans un endroit inaccessible, et mangé par les broussailles. Un chemin était mentionné, là où une piste à sanglier permettait encore difficilement d’accéder à un vieux pont sur la rivière.

Après quelques jours de débroussaillage le sentier s’avère être un chemin assez large. La saignée restructure très rapidement l’espace : les quatre parcelles indiquées par le cadastre se laissent maintenant deviner, ainsi que tout un réseau de fossés d’écoulement des eaux.

Le travail révèle chaque jour les indices de plus en plus nets de l’activité passée ; une haie de très vieux pruniers, un figuier, le faîte d’un cerisier majestueux, l’émergence d’un mur en pierre sèche et d’un talus.

Je nettoie tous azimuts, enlève systématiquement la sauvagine composée uniformément de prunelliers, pruniers sauvages, aubépines et de jeunes chênes. Je garde par contre tout ce qui a été planté de main d’homme, ou qui peut être greffé.

En une semaine, la couche de végétation défrichée, la surface, où il y a une cinquantaine d’années, les hommes s’activaient est désormais redécouverte.

Il s’agit d’un endroit structuré autour d’une source fine.

La source presque perdue, est à l’angle de murs en pierre sèche. Elle coule dans un bassin en terre de collection des eaux, puis un tunnel d’écoulement la fait passer sous le chemin, un fossé la draine vers la rivière.

Tout est encore là, même un verre au pied cassé et son fer pour le poser dans le mur, indiquant que l’eau était potable.

Le défrichage des abords terminés, je commence à dessoucher la parcelle à l’arrosage. Les souches et le bois sont stockés en tas pour servir de chauffage.

Lors de cette activité émergent des pierres que je trie de la terre, et qui commencent à encombrer le chantier.

Habitué à sortir les pierres des champs pour reformer les murets des bords de pâture, repetasser les morceaux de murs éboulés des talus, j’avais de quoi faire… mais je ne m’étais encore jamais lancé dans la création d’un mur de A à Z.

Les tas de pierre ne cessent de grossir. Elles me servent donc à clôturer la parcelle à l’arrosage. Je réalise alors le mur qui servira en même temps de soutènement au chemin, et de clôture au jardin en contrebas.

Je flanque l’entrée de la parcelle de deux piliers en pierre sèche, et installe un banc à côté d’un très jeune cerisier. Mon père a conçu et installé la porte en bois de buis (visible sur les photos), j’ai inscrit les charnières dans la construction des piliers. Je restaure également tous les murs de soutènement du site. Je nettoie la source, et y installe un autre banc.

 

Photo loys 066©

 

20 ans après ...

Le portail semble toujours avoir été là, le jeune cerisier est devenu aussi grand que celui que j’ai nettoyé à l’époque.

Le chemin cumule les balisages de sentiers pédestres et à cheval ; les promeneurs utilisent les bancs.

Une haie coupe-vent de cyprès, plantée à partir de semis maison, est aussi haute que des poteaux électriques.

Sur les murs poussent les joubarbes et l’orpin.

Dans le jardin, mes parents produisent les betteraves, espèces de bonbons très prisés des vaches lors des longues soirées froides d’hivers à l’étable.

Les deux autres parcelles produisent un excellent foin, et une multitude de fleurs des près, et autres orchis, y fleurissent. On y trouve également des carriolettes et des mousserons pour l’omelette Pascale.

 

5 septembre 2005

Mur dans un lotissement à Forcalquier

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Il s’agit d’un mur de soutènement, construit avant que ne soit rapportée la terre, au milieu d’un lotissement à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence).

La mise en œuvre ne revêt aucune particularité technique particulière.

Le mur est long mais peu haut. Les pierres sorties des terrassements ne sont cependant pas évidentes à monter à sec car elles se taillent mal, et emportent, la plupart du temps, l’ouvrage vers l’avant.

Le mur délimite deux espaces : il est en limite d’un lot, sur lequel une maison est en cours de construction, et il s’inscrit également dans l’espace public du lotissement destiné à être planté en espace vert commun.

A l’emplacement du lotissement, les pierres ne manquent pas. Il s’agit d’un de ces lieux où poussaient les cabanons que l'on appelle des bories, et où il fallait retourner et ranger dix mètres cubes de pierres pour voir verdir au printemps quelques mètres carrés d’une herbe rare.

Il y a, à l’entrée du lotissement un très beau cabanon pointu, flanqué de deux grands amandiers et auquel sont accolées deux remises selon des proportions dignes du nombre d’or. Il est étonnamment mis en valeur par sa position au milieu d’un rond-point.

Un petit bout de friche du passé intouché et devenu intouchable, entouré de la nouvelle réalité goudronnée de l’espace urbain.

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UN CHANTIER COMME FORMATEUR

 Sur la plupart des chantiers, le travail de la pierre est synonyme d’espace, de silence, de solitude…

 Ca n’a pas été le cas ici : les bétonnières, le tractopelle et la radio criarde émise depuis la camionnette des placoteurs, hurlaient de concert.

L’originalité de ce projet, pour moi, tient au fait que nous avons travaillé à plusieurs. J’ai, sur ce chantier, formé mes collègues (Laurent et Angel) en leur transmettant autant que possible mes connaissances techniques.

Laurent est paysagiste : il a accepté le chantier, et n’ayant jamais pratiqué la pierre sèche avant, il a fait appel à moi pour le mener à bien. Il profite de l’occasion, ainsi qu’Angel venu donné la main, pour se former.

De mon ancien métier, je sais qu’il n’est pas de technique sans transmission. Ainsi, avoir la possibilité de la transmettre est un honneur.

En effet la technique n’est pas uniquement un moyen de faire de l’ouvrage, mais aussi un lien entre les hommes et entre les générations. Nous n’en sommes que les passeurs.

En ce qui concerne plus particulièrement la technique de la pierre sèche, il y a suffisamment de terres à retenir contre les conséquences des orages de l’été et des feux, pour que tous soient les bienvenu(e)s à la partager.

 Ce chantier m’a montré que quelques mots et des gestes appropriés, suffisent à ce qu’une personne motivée s’y mette avec intérêt, et réussisse assez vite à faire comme il faut et à y prendre plaisir.

Je partage donc avec vous les leçons de ce chantier :

La pierre sèche c’est du sérieux, il faut bosser, mais c’est un domaine qu’il ne faut pas trop mystifier : les résultats viennent très vite, à ceux qui, une fois guidés, ont envie de s’y mettre.

De plus c’est une activité solitaire qui n’exclue pas la convivialité.

Alors venez y donc nombreux !

 

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2 août 2005

Aménagement d'une place de parking à Marseille

Etat des lieux avant travaux

Il s’agit d’une villa avec jardin.

La rue par laquelle on y accède est à voie unique et l’on ne peut s’y garer.

Le terrain sur lequel la maison est construite est en pente.

Tout cela fait qu’il n’est possible de garer sur le plat aménagé par un mur en pierre qu’une petite voiture… et celle-ci dépasse encore un peu sur la voie.

Cela a pour effet secondaire de générer un coup de klaxon systématique de la part de tout véhicule qui emprunte la rue.

Par ailleurs le jardin demande des aménagements et l’évacuation de gravats et déchets. Une petite remise y menace ruine.

 

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Une solution économique et écologique 

La demande du propriétaire est d’étendre l’aire de stationnement afin de pouvoir rentrer une voiture et d’évacuer les gravats.

La solution que je propose de mettre en œuvre est :

- Démolir le mur existant sur 4 m et en récupérer les pierres.

- Faire une extension de l’à-plat sur une profondeur suffisante pour se garer.

- Se servir des pierres pour le parement du mur de soutènement à construire.

- Nettoyer le terrain des gravats et s’en servir de remblais.

- Démolir la remise et s’en servir de remblais.

Cette solution permet d’intervenir en autarcie sur le lieu : aucun apport de matériel n’est prévu, pas de chaux, sable, graviers, ni benne à gravats.

Le mur de soutènement sera en pierre, briques et gravats de ciment secs.

En résumé :

Comme outillage : une barre à mine, des seaux, une masse, un têtu, une brouette, du cordeau et un mètre. Aucun outil thermique n’a été utilisé.

Comme matériaux : ceux qui sont sur place.

De l’huile de coude. 

 

Le chantier en images

Plan du chantier

 

Plan marseille ara

 

Tri des gravats et préparation du chantier

 

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Construction de l’extension, l’arrière du mur est remblayé au fur et à mesure que le mur monte

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Un peu plus tard

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Il n’y a plus de gravats sur le terrain. Démolition de la remise pour récupérer les gravats et continuer

 

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Un peu plus tard

 

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yenne

C’est presque fini, nettoyage final, finition terre

 

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Ouf ! les klaxons ont cessé !

 

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